Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, et le premier ministre du Québec, François Legault.

Maternelle 4 ans: comme le mur...

Le mur, c’est cet engagement électoral du premier ministre François Legault de déployer des maternelles 4 ans dans toutes les écoles du Québec. Un engagement, rappelons-le, où il a même mis son poste en jeu lors de la campagne électorale.

Ira-t-il jusqu’à déclarer l’état d’urgence pour honorer cette promesse? On verra!

Mais nul doute qu’il s’en est porté personnellement garant.

Ce qui est gravement oublié dans cette idée est qu’au Québec, en 1997, nous avons fait un choix de société en mettant en place un réseau universel de services éducatifs à la petite enfance pour tous les enfants de 0 à 5 ans, par les CPE et les services de garde en milieu familial régis et subventionnés.

Ce que s’apprête à faire le gouvernement Legault est de briser ce pacte social en fragilisant encore plus notre réseau de services de garde, un modèle unique, qui a fait ses preuves à bien des égards pour nos tout-petits et leurs parents.

Sans compter qu’au plan économique c’est payant! Car les bénéfices sont plus grands pour l’État d’investir dans ce réseau que les coûts qu’il engendre.

Dépister de façon précoce les enfants qui éprouvent des difficultés ou qui sont à risque d’en développer dans leur parcours scolaire est sans contredit ce qu’il faut faire.

Eh bien, les CPE et le milieu familial régi ont justement été mis en place, entre autres, pour y répondre et ils y répondent.

Le choix à privilégier n’est donc pas de dédoubler les services mais de consolider et de renforcer notre réseau de services de garde, un modèle qui, je le rappelle, fait déjà ses preuves.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’est pas sans savoir qu’un meilleur maillage entre les services de garde et le réseau scolaire est possible et que c’est là-dessus qu’il faut miser!

Investir dans la petite enfance, c’est promouvoir nos services de garde éducatifs et universels. C’est la voie à privilégier et c’est toujours le choix des parents.

On ne vous tiendra pas rigueur, monsieur le premier ministre, de renoncer à cette promesse des maternelles 4 ans, mais on se souviendra si vous persistez!

Louise Chabot

Ex-présidente de la CSQ

Saint-Mathieu-du-Parc