Mashteuiatsh: propriétaires inquiets

Depuis quelques jours, le chef du conseil de bande de Mashteuiatsh déclare à qui veut bien l'entendre que les terrains revendiqués dans le cadre de l'Approche commune allaient leur être cédés.
D'où vient cette soudaine certitude : d'une rencontre avec le député de Roberval et premier ministre Couillard.... Le chef a fait cette déclaration sur les ondes de la radio locale. Il affirme de plus que les terrains deviendront la propriété de Mashteuiatsh, qu'ils les utiliseront à leur guise, et que ce seront les lois amérindiennes qui s'y appliqueront. Le chef ne démentit d'ailleurs pas la rumeur selon laquelle un des motifs principal de l'acquisition de ces terrains est d'y implanter un centre commercial sur la route 169. Il n'y a rien là pour rassurer la population du secteur visé.
D'ailleurs, pour quels autres motifs le conseil de bande peut-il tenir tant à ces terrains? Pour avoir un accès à la route 169, ils ont déjà fait l'acquisition de trois ou quatre terrains dans ce secteur qui leur donnent cet accès et ceux-ci sont inutilisés. Sur ces propriétés acquises, ils ont amplement l'espace requis pour y construire une ou deux autoroutes et bien d'autres choses.
Est-ce que ce serait pour favoriser leur développement économique, non plus. Sur le territoire actuel de la réserve, il y a suffisamment d'espace pas ou peu utilisés pour permettre leur développement économique pour les 100 prochaines années.
Actuellement, la totalité du territoire revendiqué et les terrains déjà acquis sont zonés agricoles et donc sous la protection de la Loi sur La protection du Territoire Agricole (CPTAQ). Malheureusement, le territoire agricole au Québec est le paillasson sur lequel tout le monde ne se gêne pas pour vouloir s'y essuyer les pieds. Malgré son bien fondé, la loi ne peut protéger tout le territoire agricole. Le gouvernement fédéral n'est pas soumis à la loi, les réserves amérindiennes non plus. Encore une autre partie du territoire protégé qui risque de s'envoler du patrimoine agricole québécois pour une utilisation autre qu'agricole.
Rappelons-nous, que les terres agricoles du Québec et particulièrement celles du Lac St-Jean font depuis quelques années la convoitise de spéculateurs. La Banque nationale a acquis 1000 hectares de terres agricoles pour, selon leur dire, garnir le fond de retraite de ses employés. Au Lac-Saint-Jean, Pangea, propriété de Serge Fortin et de Charles Sirois, a acquis 5000 hectares au Lac. Je comprends bien que tous ces bonnes gens ont très à coeur le développement de l'agriculture.
Encore une fois, levée de boucliers des membres du conseil de Roberval, qui dénoncent les propos du maire Larouche qui n'est pas favorable aux revendications territoriales des autochtones. Le maire Larouche ne fait que reprendre les propos qu'a tenus récemment Gilbert Dominique sur les ondes de Planète. Quelle préoccupation a le chef Dominique pour les habitants des terres revendiquées. Il n'en a jamais parlé, il fait un peu comme s'ils n'existaient pas. Aurait-il l'intention de prendre leur propriété malgré leur volonté?
Je me demande bien qui, à part le maire Larouche, va défendre les droits des propriétaires actuels qui occupent les terrains revendiqués. Certainement pas les conseillers actuels de Roberval qui mènent une campagne de dénigrement contre le maire à cause de sa position sur le sujet. Personnellement, je n'ai pas mandaté les conseillers de la ville de Roberval afin de négocier à ma place. D'ailleurs, où se cache le négociateur du gouvernement provincial? Il rencontre n'importe qui, sauf les propriétaires concernés. Comment, dites-le moi, peut-on se défendre contre le gouvernement provincial, le gouvernement fédéral et le Conseil de bande qui bénéficient de budgets illimités.
Je suis bien désolé de constater que j'occupe un terrain depuis plus de 30 ans, que j'ai amélioré, pour lequel je paie des taxes et que selon toutes vraisemblance ne m'appartient pas.
Bien entendu, le Gouvernement du Québec est favorable à cette cession. On peut se demander contre quelles considérations. Je ne suis pas convaincu que le Gouvernement du Québec ou la ville de Roberval ont l'autorité légale pour créer ou agrandir des réserves amérindiennes. Il s'agit là d'un domaine de compétence fédérale, qui soudainement est très discret sur ce sujet.
Il s'agit là d'un dossier qui traîne depuis 10 ans. Tout ce qui traîne se salit. On a qu'à entendre les propos, souvent racistes, de tout un chacun sur le sujet. Tout le monde a son opinion. Pourtant, personne n'a eu la véritable information.
Que vont devenir les propriétaires du secteur?
Daniel Tardif
Propriétaire directement touché.