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Martin Matte
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Martin Matte n’a pas à s’excuser

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / Un article du journal Le Soleil daté du 2 février, relayé notamment par Le Quotidien, rapporte qu’une déclaration de Martin Matte lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle a irrité les travailleurs de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN). Alors que l’humoriste était invité pour promouvoir sa nouvelle série télé, la conversation a bifurqué vers l’abandon de la circulaire sur papier par l’importante chaîne de supermarchés dont il fait la promotion, et dont il approuve la décision.

Par Clément Fontaine, Chicoutimi

Comme Martin Matte n’est pas un spécialiste en la matière, il a déploré que l’industrie forestière utilise des arbres pour fabriquer le papier nécessaire à l’impression de nombreuses circulaires que les commerçants nous font parvenir d’office chaque semaine. Même si ce sont en fait les résidus du sciage du bois qui sont utilisés pour le papier, M. Matte a raison sur le fond du problème.

Nous pourrions faire un bien meilleur usage de cette matière ligneuse. Les circulaires imprimées sont appelées à décroître au profit de la consultation en ligne. Le président de la FIM-CSN affirme lui-même avoir demandé à quelques reprises au gouvernement du Québec d’appuyer la transformation de l’industrie forestière afin de trouver un autre débouché pour les copeaux de bois.

Nul besoin de chercher longtemps. Selon une étude commandée par le distributeur Énergir et dont Le Quotidien a fait état le 17 janvier 2019, 66% du gaz naturel pourrait provenir de sources renouvelables, dont près de la moitié serait issue de résidus forestiers, d’ici 2030. C’est au Saguenay-Lac-Jean que ce potentiel de production est le plus élevé.

Le reste de la biomasse nécessaire pourrait provenir de résidus agricoles et de déchets compostables. Toujours selon cette étude, en améliorant la technologie utilisée, la matière ligneuse pourrait même combler jusqu’à 80% de nos besoins en gaz naturel renouvelable (GNR).

Dans cet article, le journaliste Guillaume Roy faisait état d’un enthousiasme palpable. Au dire de Mathieu Johnson, le directeur du développement du gaz naturel renouvelable pour Énergir, la demande des clients pour le GNR était tellement forte qu’il n’en avait pas suffisamment pour satisfaire la clientèle qui souhaite devenir carboneutre. Rien n’indique que la situation ait changé aujourd’hui.

Il n’y a pas que les circulaires qui soient concernées ici. Les résidus de coupe de bois servent à fabriquer plusieurs autres types de papiers de consommation courante. Ce papier « neuf » se vend souvent moins cher que le papier recyclé pourtant de qualité égale, ce qui décourage l’achat de ce dernier. Une façon d’harmoniser leur prix de détail, voire d’inverser le rapport, consisterait à utiliser plus de résidus forestiers pour la fabrication de biogaz. Les consommateurs dépenseraient peut-être quelques sous de plus pour leurs achats de produits en papier, mais ce serait un gain important pour l’environnement.

Le gouvernement caquiste a-t-il été trop occupé à gérer la pandémie au cours de la dernière année pour faire avancer le dossier de la valorisation de nos résidus forestiers ? S’est-il fixé des cibles trop modestes pour amorcer un véritable virage vert dans le secteur de l’énergie ?

Il serait intéressant de savoir ce qu’en pense la députée de Chicoutimi, ministre responsable des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec, également ministre responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la bien nommée Andrée Laforest.