Interrogé sur la possibilité que le cardinal Marc Ouellet devienne pape, Jean-Claude Turcotte (photo) a reconnu que les Québécois auraient toutes les raisons d'être fiers de voir l'un des leurs à la tête de l'Église catholique.

MARGINAL VOUS DITES?

Lundi, monseigneur Jean-Claude Turcotte, ancien archevêque du diocèse de Montréal, déclarait qu'un prêtre sur cinquante, statistique reconnut par l'église catholique, était pédophile mais que cela est marginal même si un c'est de trop. Disons qu'en entendant le mot marginal, j'ai failli m'étouffer!
J'ai réfléchi rapidement a ce que cela pouvait représenter pour une région comme la nôtre (le Saguenay-Lac-Saint-Jean) dans les années 70. En supposant que chaque paroisse avait au moins un prêtre et plus souvent deux, cela veut dire que nous avions trois ou quatre prêtres pédophiles qui sévissaient dans la région du Saguenay-Lac-Jean à tout instant de cette époque, alors que la population était d'environ 300 000 personnes. Sachant très bien qu'un prêtre pédophile ne fait pas qu'une seule victime, c'est au minimum une soixantaine de prêtres pédophiles qui agissaient à l'échelle de la province, faisant des centaines de victimes à chaque année.
Alors, quand monseigneur Turcotte utilise le mot « marginal », cela est, premièrement, très choquant pour les victimes et les proches de ceux-ci en parce que cela tend à vouloir atténuer la gravité de la situation. .Deuxièmement, loin d'être marginal, ce phénomène était plutôt endémique. En utilisant le mot « marginal », monseigneur Turcotte a soit fait preuve de malhonnêteté en voulant diminuer l'importance du problème ou soit qu'il a mal choisi ses mots et là, cela est plus excusable. Espérons que dans les prochains jours, monseigneur Turcotte se rétractera ou précisera sa pensée et s'excusera à tout le moins auprès des victimes.
Jean-Marc Girard
Jonquière