Luc-Antoine Cauchon

M. Couillard,

Je me présente, Luc-Antoine Cauchon, candidat pour Option nationale dans la circonscription de Roberval. Comme vous êtes un homme occupé, j'ai eu l'idée de cette choisir cette tribune pour communiquer avec vous.
Je veux aborder le fédéralisme. Étant donné qu'il a été prouvé à maintes reprises que la souveraineté du Québec était non seulement viable, mais aussi rentable d'au minimum 2 milliards de dollars par année, je m'explique mal votre volonté d'entériner la constitution canadienne dans un premier mandat. Pour preuve, même le très à droite et très crédible Institut Fraser donne son aval au projet d'émancipation québécois.
Vous, à qui on attribue le qualificatif d'intellectuel, à la vue des chiffres, devriez vous rendre à l'évidence que la logique même veut que le Québec soit un pays à part entière, surtout si vous voulez que votre slogan de parti de l'économie soit encore crédible. Mais vous vous acharnez, ce qui me porte à croire que vos raisons sont autres que celles d'un bon gestionnaire.
Il nous reste deux possibilités pour expliquer votre attachement au régime fédéral. La première serait que vous aimez le Canada inconditionnellement, et ce, même au détriment des intérêts économiques du Québec.
La deuxième serait que vous avez peur. Peur que nous ne sommes pas capables de nous diriger nous-mêmes et qu'il nous faut absolument un gestionnaire qui contrôle 50% de nos revenus et avoirs, et qui décide arbitrairement quand, comment et où il dépense notre argent. Qui nous empêche toute réforme démocratique comme, entre autres, celle du mode de scrutin. Qui nous représente à l'international et qui choisit nos accords, nos guerres et nos lois. Qui, en général, n'accorde que très peu d'attention à nos aspirations et, quand elles le dérangent, les fait briser par neuf juges qu'il nomme lui-même.
Le projet de société que vous nous proposez n'en est pas un. C'est une sentence à vie qui nous relèguera au rang de spectateur de notre propre avenir.
Le coeur a ses raisons dit-on, mais de grâce, vous qui aspirez à diriger le Québec, ayez au moins la décence de le faire avec les faits et non pas par amour ou manque de confiance. Il ne s'agit pas seulement de vous, il s'agit de nous aussi.
Luc-Antoine Cauchon
Candidat d'Option nationale dans Roberval