L’UMQ célèbre son centenaire

OPINION / Le 15 décembre 1919, plus de 400 élus municipaux convergent vers l’hôtel de ville de Montréal pour participer à une assemblée de deux jours, dont l’objectif est inédit : la création de l’« Union des municipalités de la province de Québec », la toute première association québécoise – laïque de surcroît, à une époque où l’Église catholique était omniprésente – visant à rassembler et à représenter les municipalités de toutes tailles et de toutes les régions.

Alors que nous célébrons ces jours-ci le centenaire de l’UMQ, le moment est propice pour regarder d’où le milieu municipal est parti, d’en tirer des enseignements et de réfléchir à l’avenir de nos municipalités, qui sont aujourd’hui officiellement reconnues comme des gouvernements de proximité.

La fin de la Première Guerre mondiale a amené une vague de fond en faveur d’une industrialisation et d’une réforme urbaine au Québec. L’augmentation des populations dans les zones fortement peuplées exigeait des municipalités la planification de nouveaux services tels l’eau potable, le gaz, l’éclairage électrique, les égouts, le téléphone, le transport et des efforts financiers énormes pour supporter ce développement.

Face à ces défis de plus en plus nombreux, l’UMQ a su, dès sa fondation, rester à l’avant-garde et faire preuve d’un leadership fort face aux nouveaux enjeux avec lesquels les municipalités ont eu à composer. Pensons, par exemple, à la salubrité et à la sécurité des logements, à la municipalisation de l’électricité, au transport et à la mobilité, à la fiscalité, à la sécurité publique, à l’environnement, à l’immigration ou à la famille.

L’UMQ, les municipalités et mes collègues élues et élus et moi continuerons d’être à l’avant-garde, alors que le monde se complexifie et que de nouveaux enjeux émergent, dont l’adaptation de l’aménagement du territoire aux changements climatiques, le vieillissement démographique et la pénurie de main-d’œuvre et la transformation vers l’économie numérique. Nous assumerons notre leadership.

Bien entendu, comme toute organisation centenaire, l’UMQ sait aussi tirer des leçons du passé. Il faut valoriser et encourager davantage la démocratie locale et assurer la pleine participation des femmes à la vie politique municipale. C’est d’ailleurs pourquoi les membres de l’Union ont adopté, en mai dernier, la toute première politique d’égalité de l’histoire de l’organisation, pour montrer l’exemple et assurer la parité au sein de ses instances.

Si Télesphore-Damien Bouchard, Joseph Beaubien et les autres fondateurs de l’UMQ voyaient leur Union aujourd’hui, ils seraient sans doute fiers de réaliser tout le chemin qu’elle a parcouru, des luttes qu’elle a menées et des gains qu’elle a obtenus. Ils seraient certainement encore plus fiers de voir qu’elle est restée fidèle à ses principes, crédible, rigoureuse et innovante.

Les municipalités ont réussi collectivement à passer de l’état de « créatures du gouvernement » à gouvernements de proximité.

Joyeux anniversaire et longue vie à notre Union et aux municipalités du Québec !

Suzanne Roy

Présidente intérimaire de l’UMQ

Mairesse de Sainte-Julie