L’ouverture régionale

OPINION / Je ne suis pas d’accord avec cette idée de soumettre ou de contraindre les visiteurs extérieurs à une quarantaine régionale particulière pendant la prochaine saison touristique.

L’équivalent en somme d’un confinement individuel de deux semaines.

Cette proposition est de même nature que celle, ignorée par le gouvernement, qui demandait la prolongation du confinement de la région. L’esprit de ces mesures étant d’ériger une barrière sanitaire autour du Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour protéger la région qui affiche un bilan exemplaire dans la lutte à la COVID-19.

Évidemment, la clientèle particulièrement visée est celle de la région de Montréal, devenue l’épicentre de la pandémie. Et qui, ne l’oublions pas, est désormais l’objet d’interventions exceptionnelles. Ayons confiance. Si elles ne suffisent pas, le gouvernement, conseillé par la Santé publique, repoussera au moment opportun le déconfinement de la région de Montréal.

Il ne faut pas céder à cette tentation de fermeture ou faire la promotion de cette mesure inapplicable – quand on y réfléchit – pour cette clientèle touristique diversifiée. Une clientèle qu’on courtise depuis longtemps pour qu’elle accroisse son séjour au moins d’une semaine. En fait, la simple annonce d’une quarantaine obligatoire pour les visiteurs provenant de Montréal ou d’ailleurs pourrait produire des effets pervers dans l’opinion publique qui se retourneraient possiblement contre la région elle-même.

Pour les éventuels visiteurs québécois « de souche ou de tronc », y compris ceux des autres régions du Québec, le message régional serait interprété comme un « restez chez vous » qu’ils traduiraient rapidement par un « allons ailleurs ».

Et cela placerait aussi les dizaines de milliers d’hommes et de femmes de Montréal et d’ailleurs originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans un dilemme cornélien. Y compris ceux et celles qui possèdent un chalet, séjournent chez des parents ou louent une place de villégiature pour une longue période.

L’amour et la haine sont les fruits du même arbre national, l’un devant s’épanouir en dépit des assauts de l’autre.

Laval Gagnon

Chicoutimi