Logement et maltraitance

OPINION / Dans Le Devoir du 27 novembre, deux articles me semblent se faire écho en tant que cause et effet du phénomène des enfants maltraités. En effet, ce ne sont pas d’abord dans des foyers bien logés que l’on trouve le plus d’enfants maltraités. L’exiguïté des lieux, trop souvent accompagnée d’une difficulté à joindre les deux bouts, crée les conditions propices aux chicanes familiales occasionnant maltraitance et autres conséquences néfastes pour les enfants, et souvent pour les femmes.

Il faut évidemment améliorer substantiellement l’aide aux enfants maltraités, entre autres, en renforçant les mesures juridiques à l’encontre des parents fautifs. On réagit alors aux effets. Il faut tout autant travailler à permettre à toutes les familles de vivre dans des conditions de logement acceptables. On travaille alors sur l’une des importantes causes du phénomène.

On annonce pourtant que, dans le grand Montréal, les logis seront plus petits et plus chers. Comment peut-on sérieusement contribuer à améliorer le sort des enfants maltraités si, en même temps, on ne fait pas tout pour instaurer des conditions de logement favorables à l’épanouissement de tous les membres des familles, et bien spécialement des enfants ?

À tous les niveaux de gouvernements s’impose le devoir de contrer tout ce qui engendre des situations défavorables aux plus faibles, les enfants, en s’attaquant à l’important problème des logements inadéquats. Le logement, c’est plus qu’un marché, c’est un droit à respecter et à faire respecter.

Normand Breault

Montréal