L’indépendance au temps des fake news

OPINION / Réponse à une lettre d’opinion parue le 19 juillet et intitulée « Le Québec, future république ? »

D’abord, il est plutôt ironique de constater que l’auteur, malgré son propre appel à la modération, ne peut résister plus de deux lignes avant de me traiter de menteur. Or, au Parti québécois, nous opposerons au mépris la justesse des faits.

Dans un premier temps, je constate avec satisfaction que l’auteur ne réfute aucune de mes prétentions quant à la richesse du Québec, ni même quant à son niveau d’endettement public. C’est bien là la preuve que même les plus sceptiques peuvent être confondus ! Néanmoins, l’auteur récidive en brandissant un chapelet de statistiques dont il a lui seul le secret, en prétendant notamment que le Québec serait annuellement plus riche de 33 milliards de dollars grâce à la bienveillance du Canada.

Toutefois, la rigueur impose de vérifier ces chiffres avant de les citer publiquement. En effet, en vérifiant directement à la source (Statistique Canada, Tableau 36-10-0450-01 Revenus, dépenses et solde budgétaire — Administrations publiques, comptes économiques provinciaux et territoriaux), l’auteur constatera que les statistiques qu’il a citées sont erronées et qu’au surplus, le montant de 33 milliards de dollars relève davantage du fantasme que de la réalité. En effet, nous pouvons constater que l’auteur, tout en sous-estimant de 10 milliards les revenus prélevés par le fédéral au Québec, compte aussi la péréquation en double. Après qu’il eut surévalué la dette du Québec de 200 milliards, rien n’est désormais surprenant. De toute façon, ce débat est bien stérile, alors que même le regretté Jean Charest, en entrevue à TV5 en 2006, a reconnu la viabilité d’un Québec souverain. Peut-être que l’auteur devrait songer à lui écrire directement pour le convaincre du contraire. D’ailleurs, avant d’accuser le Parti québécois d’une piètre gestion budgétaire alors qu’il était au pouvoir, l’auteur devrait savoir que le régime de Jean Charest a été responsable, à lui seul, de l’augmentation du tiers de la dette publique du Québec durant son règne. Rien que ça.

Deuxièmement, l’auteur évoque avec émotion la chance inouïe qu’a constituée l’élection du gouvernement Couillard, alors qu’il aurait sauvé le Québec tout en ne coupant que dans le gras de l’appareil gouvernemental. Pourtant, d’une part, l’économiste Pierre Fortin a longuement démontré que la situation de la dette du Québec ne justifiait aucunement des coupes aussi radicales dans les services et qu’au surplus, l’austérité libérale a elle-même plombé la croissance économique du Québec.

D’autre part, dans ses rapports annuels des deux dernières années, la Protectrice du citoyen a révélé de manière claire que l’austérité libérale, loin de n’avoir coupé que « dans le gras », a plutôt engendré la réduction des services aux personnes les plus vulnérables de la société, notamment les enfants en difficulté d’apprentissage, les citoyens nécessitant des soins à domicile, les aînés en CHSLD, etc. D’ailleurs, quelle chance inouïe d’avoir pu assister aux premiers rangs à l’abolition de nos leviers de concertation régionale comme les Centres locaux de développement et les Conférences régionales des élus !

En outre, à quoi bon restreindre l’augmentation des dépenses du gouvernement à 1,1 % en 2015-16, pour les faire exploser à 6,5 % en 2017-18 et 4,7 % en année électorale ? Tout ça pour quoi au fond ? Saupoudrer des baisses d’impôts ? Financer des promesses électorales sur le dos de nos enfants ? L’auteur peut endosser ce bilan, c’est son droit le plus intime. Il aura d’ailleurs la chance de choisir entre deux partis fédéralistes lors de la prochaine élection, le PLQ et la CAQ, lesquels lui offrent, de surcroit, 50 nuances d’austérité.

Pendant ce temps, un seul parti se soucie du sort de ses citoyens et du développement de ses régions. Au Parti québécois, les intérêts de notre peuple sont notre priorité à un point tel que nous voulons même lui offrir un pays tout neuf, à lui. D’ailleurs, d’un sondage à l’autre, entre le tiers et 40 % des citoyens continuent d’appuyer le projet de l’indépendance du Québec, ce qui, selon les derniers sondages, est même supérieur à l’appui au Parti libéral du Québec ! C’est un projet qui transcende les partis politiques et c’est très bien ainsi.

Alors que les libéraux devront défendre leur funeste bilan et que la CAQ devra tenter d’expliquer les incohérences de son programme, nous avons bien hâte, pour notre part, de présenter notre équipe et dévoiler nos idées à la population.

En vous souhaitant une bonne campagne à tous,

Mathieu St-Pierre Castonguay, président

Parti québécois Saguenay-Lac-Saint-Jean-Nord-du-Québec