L’importance des milieux humides

L’assouplissement de la loi sur les milieux humides constitue un recul inacceptable en regard de l’importance de ces écosystèmes dans le maintien d’un équilibre dont nous profitons tous. En effet, leur rôle dans le maintien de la biodiversité, la régularisation du régime des eaux et en tant que superficies à considérer dans la lutte aux changements climatiques n’est plus à démontrer.

Une exemption de taxes sur les superficies visées qui n’étaient pas en culture au moment de l’entrée en vigueur de la loi, parce qu’elles sont d’utilité publique, serait le seul compromis acceptable.

Par ailleurs, il y aurait lieu d’assurer la conservation de ces milieux par un programme du type de celui qui vise à aménager des bandes riveraines en milieu agricole. Ça pourrait se faire également sous la supervision des comités de bassins versants. Plutôt que de les cultiver, les agriculteurs auraient droit à des sommes pour aménager les milieux humides présents sur leurs terres. De toute façon, mettre ou remettre en culture ces superficies est beaucoup plus onéreux que de se concentrer sur des sols propres à l’agriculture en raison des investissements supplémentaires qu’ils nécessitent pour sortir l’eau. Ce n’est pas toutes les productions qui peuvent justifier de tels investissements. Des pratiques agricoles plus optimales augmenteraient les rendements des parcelles déjà cultivées, réduisant ainsi le besoin d’en défricher d’autres. La gestion par bassin versant doit devenir une priorité pour les gouvernements à une époque où ceux-ci se réclament du développement durable. Dans l’optique, également, que laisse entrevoir la loi 122 qui vise à faire des villes et des MRC de véritables gouvernements de proximité ? Et pour finir, face aux enjeux d’occupation du territoire pour lesquels, là aussi, la cohérence ne crève pas les yeux.

Ainsi, les comités de bassin versant qui ont été créés jusqu’ici font figure de coquilles vides, faute de financement adéquat et faute de volonté politique réelle de la part de nos élus régionaux. Faute de volonté populaire également, de laquelle est tributaire la volonté politique quand il s’agit d’aller au-delà des vœux pieux. Et, il faut bien le dire aussi, faute d’intérêt de la part d’une forte proportion des agriculteurs qui y voient surtout une autre tracasserie administrative et une perte de terrain. À preuve, il n’y a qu’une faible proportion des bandes riveraines qui sont aménagées en vertu des normes reconnues alors qu’au même moment, on fait état de l’omniprésence de résidus de pesticides et des conséquences de la surfertilisation dans les plans d’eau du Québec.

Plutôt que d’assouplir la loi sur les milieux humides, le gouvernement de la CAQ devrait plutôt réaffirmer le principe de gestion par bassin versant en y incluant la gestion de ces superficies. Cela impose un financement adéquat des organismes de bassin versant et la mise en place de mesures qui permettent une participation active et volontaire des agriculteurs.

Jean-François Robert

Citoyen de Saint-Félicien et producteur agricole

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SE RETROUVER EN ÉQUIPE

« Implosion de Saguenay », voilà l’excellent titre donné à l’éditorial de Marc St-Hilaire dans l’édition du Quotidien du mercredi 15 janvier. Le conseil de ville de Saguenay ne serait-il pas devenu une véritable pétaudière ?

Pour mon humble part, j’ose suggérer à nos échevins, dont les salaires sont à peu près l’équivalent d’un travail à temps complet, de se retrouver pendant quelques jours dans un endroit retiré pour examiner et améliorer leurs façons de fonctionner en équipe, surtout dans les situations conflictuelles, sous la supervision de professionnels compétents.

Au retour de ce lac-à-l’épaule, nos échevins seraient alors en mesure d’apporter des changements, peut-être même structurels, favorables à des échanges plus harmonieux et constructifs en rapport avec les gros défis qu’ils ont à relever.

Florent Villeneuve

Saguenay

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MI L'UN, MI L'AUTRE

Ils sont beaux et sympathiques ces deux jeunes parents, les prince et princesse de Windsor. Dans la famille royale, ils ne se sentaient pas à l’aise. Ils ont forgé le projet de s’éloigner de la famille royale. La grand-maman Élizabeth a exaucé leurs vœux : ils vivront en partie en Angleterre dans leur fief familial et royal et, en partie, au Canada, loin des exigences protocolaires et de représentation de la cour.

Au Canada, ils sont les bienvenus évidemment, mais ils deviennent Harry Windsor et Meghan Markle.

Ils sont indépendants et veulent vivre de leur travail –on devine qu’ils n’auront pas à chercher longtemps. Durant leur séjour au Canada, ils mettent entre parenthèses leur devoir officiel, ils sont donc invités à se défendre comme tous les autres roturiers qui peuplent ce pays.

Les Canadiennes et Canadiens n’ont pas à subvenir à leur protection, la situation financière du couple lui permettant de voir à cet aspect comme aux autres aspects de leur vie en terre canadienne.

Deux situations personnelles, deux pays de résidence, avec ce que chaque situation commande d’engagements différenciés. Souhaits de bonheur, ici et en Angleterre.

Normand Breault

Montréal