François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

L’immigration ne décimera pas notre langue

OPINION / Monsieur François Legault, chef de la CAQ,

Je suis fort étonné de voir à quel point vous vous évertuez à nous dire que les immigrants sont un réel danger pour notre langue française. Vous qui voulez freiner les élans de l’immigration au Québec, ce ne sont pas tous ces gens venus d’ailleurs qui menacent le plus le français sur notre territoire. À moins que je ne me trompe, j’ai parfois l’impression que vous ne savez pas quoi inventer pour attirer la faveur d’une frange des électeurs, par exemple celle qui penche habituellement du côté du PQ, et qui souhaite de tout cœur la survie du français chez nous.

Ce qui menace le plus notre langue, M. Legault, c’est notre indifférence. C’est nous ! C’est Montréal qui s’anglicise honteusement et qui bouscule nos acquis dans le domaine de la sauvegarde du français ; qui bafoue la loi 101. Ce sont nos stations de radio commerciales qui n’en ont que pour la chanson anglophone. C’est l’américanisation de notre culture. Et c’est ce qui explique en grande partie la perte de notre identité.

Donc, pour ce qui est des immigrants, c’est à nous de leur dire qu’ils sont bienvenus au Québec, tant qu’ils respectent notre langue officielle. Tant qu’on exige qu’ils apprennent les rudiments du français dès leur arrivée. Voilà une exigence minimale. Voilà une marque de respect, du même coup.

Donc, si jamais vous êtes élu premier ministre le 1er octobre, ce sera à vous d’y voir. Ce sera à votre gouvernement de faire du français l’une de ses priorités.

Et c’est à ce moment précis que je serai fort heureux de vous entendre parler de la survie de notre langue. Lorsque vous serez bien en poste, si tel est le cas. Parce que pour le moment, vous parlez du français à des fins strictement électorales, dirait-on.

Yvan Giguère

Saguenay

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N'AYEZ CRAINTE

OPINION / Mme la mairesse et vous, conseillers municipaux de Saguenay,

Loge m’entraide a dévoilé le 6 septembre 2018, les 23 000 $ (96 donateurs) récoltés dans le cadre de la 4e et dernière campagne de dons tenue entre avril et août 2018 pour aider la naissance de la coopérative d’habitation La Solidarité dans l’arrondissement de Jonquière, secteur Kénogami.

Ayant déjà récolté 112 000 $ (69 donateurs) en 2016, c’est donc 135 000 $ en provenance de 165 donateurs (63 200 $ de 9 communautés religieuses, 48 800 $ de 42 instances, dont 3000 $ du pape François et 23 000 $ de 114 individus) qui unissent leur voix pour réclamer aussi cette naissance.

Ce projet répond toujours à un besoin urgent, spécialement pour les personnes seules. Les nouvelles données du recensement de 2016 le confirment. Sur 24 870 ménages locataires à Saguenay, 9270 demeurent à Jonquière. Parmi ceux-ci, 955 consacrent 50 % et plus de leur revenu pour se loger et 250 plus de 80 %. Les personnes seules sont les plus durement touchées par la pauvreté. Elles forment le nombre le plus élevé selon le genre de ménages, soit 5260 comparativement à 720 couples avec enfants et 1155 familles monoparentales.

Depuis le 1er octobre 2015, ce combat a fait l’objet de 17 actions collectives pour faire entendre le cri à l’aide des locataires appauvris : une manifestation (2015), neuf sit-in et une campagne de pétitions (2016), deux tintamarres (2017) et quatre campagnes de dons (2015-2016-2017-2018).

La Ville doit mettre fin au suspense en donnant dès maintenant sa réponse plutôt que d’attendre le « début de l’automne », comme mentionné au printemps. L’attente est insupportable pour celles et ceux qui ont un urgent besoin de voir naître ce projet depuis tant d’années !

Aussi, plus la Ville retarde son aide, plus la survie du projet est menacée, notamment parce qu’il risque de ne plus avoir de subvention au moment de le déposer à la Société d’habitation du Québec, sans oublier que la contribution financière municipale gonflera année après année en raison des coûts de construction.

Chers élus de Saguenay, n’ayez crainte de collaborer à ce projet rassembleur, porté, réclamé, souhaité par la collectivité, en premier lieu par les locataires appauvris de Saguenay, appuyés par 5600 pétitionnaires !

Si vous craignez qu’il y ait trop de logements sociaux à Saguenay, sachez qu’ils représentent seulement 15 % du parc de logements locatifs.

Si vous craignez que les propriétaires de logements se sentent exclus, sachez qu’ils ne sont pas en reste avec les 569 suppléments au loyer dont ils bénéficient et dont les contribuables paient à hauteur de 75 %.

Et si vous craignez que ce projet coûte trop cher pour les payeurs de taxes, sachez que 850 000 $ par an pendant dix ans équivaut à seulement 0,58 $ par an pendant 10 ans, par citoyen de Saguenay (146 000 citoyens divisés par 850 000), une somme modeste pour offrir des conditions de logement dignes, sécuritaires et abordables à des citoyens dans le besoin.

Encore bien d’autres arguments pourraient être énumérés, mais au bas de cette longue liste, vous savez bien, chers élus de Saguenay, que seule une volonté politique ferme peut aider un tel projet à voir le jour…

Sonia Côté, coordonnatrice

Loge m’entraide