Dominique Lévesque

Lévesque et sa touche innovatrice!

Depuis la triste nouvelle du décès de Dominique Lévesque, le mot mentor a été souvent utilisé dans l'espace public pour le décrire. Oui, il a été un mentor pour plusieurs humoristes du Québec. Il l'a été d'abord avec ses étudiants du Cégep de Jonquière dans les années 70 et 80, là où il a enseigné le français et le théâtre.
Et en tant qu'entraineur de l'équipe d'improvisation Le Lotus Bleu, dudit Cégep, il a été en mesure de recruter ses meilleurs joueurs qui devaient former par la suite le fameux Groupe Sanguin qui amena un vent de fraicheur et d'innovation dans le paysage de l'humour québécois dès la moitié des années 80.
Voilà le mot qui lui sied le mieux : innovateur. En fait, il était un créateur de génie. Tout ce qu'il touchait devait prendre une touche innovatrice. Il voulait sans cesse nous surprendre et nous amener en dehors des lieux communs.
Avant même la création du Groupe Sanguin, il avait proposé à Jonquière le spectacle « Du Mammouth à Elvis » dans lequel on pouvait déjà voir les prémisses de sa démarche créatrice en humour. Il fut sans doute le premier au Québec à utiliser à bon escient le théâtre noir qu'on retrouva dans le premier spectacle du Groupe Sanguin et qui apporta une touche de magie à l'humour au Québec. Lévesque a été l'un des rares à marier théâtre et humour avec pertinence.
On pouvait dénoter son talent de comédien et, ainsi donc, son affinité avec l'art dramatique. Son personnage du « Gars fatigué », devenu un classique, et aussi drôle fut-il, n'en était pas moins touchant et bouleversant.
Mais avec Dominque Lévesque, le rire triomphait avec intelligence et nous faisait réfléchir. Un grand artiste de l'humour nous a quittés, doublé d'un être chaleureux et fraternel. Une grande perte pour le Québec.
Yvan Giguère
Saguenay