Lettre à Justin Trudeau et Catherine McKenna

OPINION / Il y a longtemps que je veux vous écrire. Une récente chronique de Claude Villeneuve dans Le Quotidien, qui nous rappelle « que les engagements des pays dans l’Accord de Paris sont très en dessous des efforts nécessaires pour stabiliser le climat au 21e siècle », ravive mon indignation et ma tristesse et me fait aujourd’hui passer à l’action.

Les faits sont là : clairs, brutaux. Si nous ne réussissons pas à limiter la hausse de la température mondiale « bien en deçà de 2 degrés Celsius », nous courons à la catastrophe. Tout indique que nous échouerons. À moins que…

À moins que, dans un sursaut de lucidité, nous fassions les changements nécessaires – et radicaux –, qui s’imposent. Chaque citoyen, chaque citoyenne doivent s’engager. 

Cependant, il faudra plus. Et c’est là que les décideurs, ceux et celles qui détiennent les leviers du pouvoir, portent une responsabilité lourde et importante. Grave.

C’est pourquoi j’en appelle à vous, Monsieur le premier ministre, Madame la ministre de l’Environnement et du Changement climatique.

En mon nom personnel, au nom de mes enfants et des vôtres, au nom de mes petits-enfants, au nom de tous les Canadiens et Canadiennes, même ceux qui demeurent inconscients du problème, au nom des populations des pays du Sud qui sont les premières à souffrir d’une situation qu’ils n’ont pas créée, au nom des générations futures, je vous en supplie : agissez ! Agissez maintenant ! 

L’heure n’est plus aux calculs politiques, aux compromis à visée électoraliste, ni même aux trop lentes stratégies de transition qui font encore la belle part aux énergies fossiles. L’heure est au courage.

J’en appelle à votre conscience, à votre sens de l’éthique et de la justice, à la part la plus noble de votre humanité : agissez ! Faites les choix difficiles qui s’imposent. Faites l’Histoire.

Mes salutations respectueuses.

Anne-Marie Chapleau

Jonquière

Moins de suicide chez les aînés, un futur

OPINION / Je fais suite à l’article Le suicide chez les aînés, une réalité, publié les 5 et 6 janvier.

Grâce à tout le travail intense et fructueux, souvent bénévole, le nombre de suicides a diminué dans toutes les catégories d’âge, sauf chez les aînés, spécialement chez les plus âgés. Vieillir longtemps et très longtemps même, mourir longtemps et très longtemps même, en est sûrement un facteur massif.

Contrairement à ce que des organismes de prévention laissent planer comme impact négatif, l’arrivée de l’aide médicale à mourir, comme soin possible en fin et à la fin de la vie, fera diminuer énormément le nombre des suicides chez les aînés. Un impact familial et sociétal majeur et des plus positifs. 

Le jugement unanime de la Cour suprême du 6 février 2015 apporte une bonne nouvelle : le droit à la vie n’impose plus l’obligation de vivre à tout prix, et l’aide médicale à mourir peut être possible. 

L’aide médicale à mourir est devenue une option.

Et lorsque le gouvernement fédéral, par sa Loi C-14, cessera d’exclure les grands souffrants de la vie, ce nombre de suicides baissera grandement. 

Ce sont ces exclus de la Loi qui poussent certains de ces souffrants à se tirer devant un train, à s’immoler, à… Cette exclusion est un acte sans cœur, de quoi faire pleurer notre premier ministre Trudeau.

Du 4 au 10 février prochain aura lieu la Semaine nationale de prévention du suicide. Tous les organismes canadiens de prévention du suicide devraient s’unir et affirmer ceci : gouvernement du Canada, retirez de la Loi C-14 sur l’aide médicale à mourir l’article portant sur le suicide médicalement assisté. Cet article permet : « de prescrire ou de fournir une substance à une personne, à la demande de celle-ci, afin qu’elle se l’administre et cause ainsi sa mort ». 

Sur les 2000 à 3000 personnes canadiennes qui ont reçu l’aide médicale à mourir jusqu’à maintenant, à peine une dizaine seraient décédées avec ces substances prescrites. 

Le gouvernement doit enlever cet article, maintenant. Cela ne permet aucun contrôle et aucune évaluation ; même plus, cela est risqué, sur de nombreux plans.

Bonne et fructueuse semaine ! Et grande reconnaissance aux milliers de bénévoles canadiens dédiés à cette cause des plus nobles. 

Yvon Bureau

Québec