L’État et les chambres à coucher

OPINION / En réponse à la chronique de Sébastien Lévesque publiée le lundi 3 février dans Le Quotidien.

Comme celle que vous tentez de comprendre, vous mélangez tout.

Tous les jours, des hommes sont assassinés par des hommes. Que devrait-on en tirer comme conclusion ?

Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles des hommes tuent des femmes, comme de nombreuses raisons pour lesquelles des hommes tuent des hommes.

Détresse psychologique, anxiété extrême, maladie mentale, accident, légitime défense.

Le problème de votre raisonnement, c’est de réduire la situation à une pensée dogmatique reliée à la sexualité et à la théorie du contrôle des hommes sur les femmes.

Gabrielle Bouchard, présidente de la Fédération des femmes du Québec, a bien fait de s’excuser.

Vos propos donnent l’impression que vous trouvez un sens acceptable à ses propos. Pourtant, la dénonciation a été unanime et personne n’a tenté d’y trouver un sens.

Vous avez droit à vos opinions, bien sûr, mais votre tentative de trouver un sens à de tels propos laisse un goût amer.

Me Jean-Marc Fradette

Fradette et Le Bel, avocats

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ALUMINIUM CONTRE AGRICULTURE

Je suis allé à l’exposition agricole SIMAQ, à Québec, vendredi dernier. Il y avait un monde fou, au point où il était difficile de déambuler sans littéralement se marcher sur les pieds.

Non pas que l’endroit est trop petit, puisque ça se passait à l’Expo-Cité, mais il y avait énormément d’exposants et de visiteurs.

Ces visiteurs n’étaient pas là pour piquer des bonbons, des stylos ou encore des casquettes aux quelque 1700 stands.

Non, ils étaient là par vif intérêt d’investissements auprès des nombreux manufacturiers qui y exposaient leurs produits.

Pendant ce temps, nos maires s’étaient rendus à Ottawa pour rencontrer la vice-première ministre, Chrystia Freeland, afin de défendre l’industrie de l’aluminium, en référence au nouvel accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Lors de la dernière campagne électorale québécoise, quelques politiciens ont bien sûr dénoncé les effets de cette entente sur l’agriculture, mais depuis sa ratification, il n’en a plus vraiment été question pour la gent politique.

J’ai aussi visité l’Ouest américain et l’Ouest canadien, l’an dernier, et ce qui m’a le plus impressionné, c’est l’omniprésence dans le paysage de l’industrie de l’agriculture avant même celle du pétrole. On se rend facilement compte de l’importance majeure de la filière agricole pour ces États et provinces.

C’est en dînant auprès des représentants de la compagnie DeLaval, vendredi, que la réalité m’est apparue en pleine face.

Une exposition sur l’aluminium au Québec ne saurait pas remplir l’Expo-Cité avec autant d’équipementiers et de visiteurs hautement intéressés. Pour atteindre ce niveau, une exposition sur l’aluminium doit être d’envergure mondiale et se tenir dans des mégapoles moyen-orientales ou orientales.

Alors, qu’est-ce qui est le plus générateur de santé économique et sociale d’une région ? Est-ce Rio Tinto qui investit 250 M $ ou encore 25 cultivateurs qui investissent chacun 10 M $ ? Le premier générera une poignée d’emplois et de bonnes retombées économiques, certes. Le second générera plusieurs dizaines d’emplois et des retombées sociales et économiques importantes aussi. La réponse à cette question m’apparaît plus claire aujourd’hui et elle tient même devant un projet comme celui de GNL Québec.

Bon, je vous arrête tout de suite. Je n’insinue pas qu’il faille négliger la défense de nos alumineries… Non ! Cependant, je crois qu’il est temps d’arrêter de voir l’industrie agricole comme marginale et dérangeante, et je pense qu’elle doit recevoir sa portion juste et proportionnelle d’intérêt et de reconnaissance. Une quantité considérable de notre population régionale – c’est tout près de nous ça – en vit et c’est elle qui répond à l’un de nos besoins les plus fondamentaux, soit celui de se nourrir.

Cette opinion vaut pour l’agriculture, mais je suis persuadé que ça devrait valoir aussi pour d’autres secteurs économiques régionaux qui n’ont pas tout l’intérêt mérité – PME, électricité, bois, papier, manufacturier, informatique, militaire, touristique, etc.

Ce faisant, l’estime de soi et la fierté régionale s’en trouveront drôlement améliorées et c’est comme ça que je crois en ma région !

Robin Boulianne

Jonquière