Les orgues de Notre-Dame

OPINION / Des millions de personnes sont tristes à la suite du feu qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame. Chacun vit à sa manière cette tristesse à partir de ce que ce bâtiment représente pour lui. Dans le cas de mon épouse et moi, c’est l’état des orgues qui nous a préoccupés. Oui, le toit, la flèche et tout le reste, c’est douloureux. Mais aussi qu’en est-il des orgues, un joyau d’amplitude et de sonorité ?

Lors de nos études en France au début des années 70, nous avons eu le plaisir d’assister le dimanche, à la fin de l’après-midi, aux concerts d’orgues ouverts à tous. Des moments apaisants au cœur de ce Paris si bruyant. Il faut dire que notre amour de l’orgue avait commencé lors de notre première fin de semaine en France dans la ville de Caen. À l’église Saint-Jean (datant du XVIe siècle), Pierre Cochereau, titulaire des grandes orgues de Notre-Dame de Paris, présentait un concert consacré exclusivement aux œuvres de Bach ; et bien sûr, il y avait au programme la Toccata et fugue en ré mineur. Quel choc pour de jeunes Saguenéens qui venaient de quitter un Québec encore pas mal rural ! Ce fut la bougie d’allumage qui nous a entraînés à assister par la suite aux concerts à Notre-Dame et où nous avons eu l’occasion de réécouter le célèbre organiste.

Chose curieuse, ces belles expériences de musique parisienne se sont étendues à la cathédrale de Chicoutimi le 30 juillet 2013 lorsque nous avons eu le bonheur d’entendre et de rencontrer Olivier Latry, le titulaire actuel des grandes orgues de Notre-Dame, le successeur de Pierre Cochereau. Que d’émotions 40 ans plus tard !

Heureusement, on nous a appris que les orgues ont été touchés, mais non détruits.

Majella Gauthier

Chicoutimi