L'humoriste Mike Ward

Les humoristes incultes

Enfin quelqu'un écrit ce que beaucoup pensent, mais n'osent dire. L'opinion de M. Jacques-André Fortin à propos du soi-disant humoriste Marc Ward, parue samedi dans cette page, révèle le côté puéril de ces nouveaux artistes qui foisonnent au Québec depuis quelques années.
Finies les subtilités, vive la grossièreté où le pipi-caca est roi. Rien pour enrichir la vie culturelle des Québécois et beaucoup pour l'ensevelir sous une montagne de clichés, reflets de lieux communs.
Aujourd'hui, n'importe qui s'improvise humoriste à condition qu'il ait le courage d'affronter un public à la recherche de divertissement abordable. On peut comprendre le désoeuvrement de ces mauvais blagueurs devant la subtilité quand on voit leur vrai visage hors scène.
Invités récemment à l'émission Le Tricheur, quatre humoristes n'ont pu donner le prénom de Devost (Raymond), ce grand humoriste français, ami de Jean Lapointe, qui ne manquait jamais de passer au Québec faire une tournée à travers la province.
Si, même dans leur propre sphère d'activité, ils ne connaissent pas les grands maîtres, on peut s'interroger sur le niveau de culture où ils puisent leur inspiration. Dans la même émission, on demandait aux participants quel était le pays que représentait la devise: «Ad mare usque ad mare». Le Canada bien sûr, mais un seul le savait et il s'est avéré être le tricheur (qui a toutes les réponses devant lui).
Devant ce désert d'ignorance, on ne s'étonnera plus que ces humoristes choisissent la facilité et tombent dans le mépris et la vulgarité. Et M. Fortin a bien raison de s'interroger au sujet de cette vache sacrée du droit à l'information derrière laquelle se cachent tous les Marc Ward de ce monde pour poursuivre leur lucratif abrutissement social.
Richard Banford
Bégin