Les dangers de dérapage

OPINION / À la suite des différents événements touchant les changements climatiques, je me questionne sur les réactions d’individus ou de groupes qui, sans en douter, sont convaincus et sincères.

Cependant, la dernière sortie de Dominic Champagne concernant le rapport de Claude Villeneuve, de la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi, en lien avec le projet GNL Québec m’interpelle sur les risques d’appropriation et de dérapage.

Ce commentaire n’a pas pour objectif de prendre position, mais de soulever la contradiction et l’appropriation rapide de M. Champagne à dénoncer ce rapport et même nous faire douter de la neutralité de M. Villeneuve. Pour avoir lu le résumé du rapport, il est évident que ce n’est pas carte blanche pour le projet.

Ce que je reproche à M. Champagne, c’est d’utiliser la même technique que les climatosceptiques à l’effet d’attiser les passions et de semer des doutes dans les esprits. Sait-il que la Chaire en éco-conseil est reconnue mondialement et que M. Villeneuve œuvre depuis près de 30 ans à de multiples études, recherches et interventions à l’effet de conscientiser toutes les couches de nos sociétés sur les dangers qui guettent notre planète ? Alors que la figure mondiale, la jeune Greta Thunberg, nous demande d’écouter nos scientifiques, il est permis d’attribuer ce titre à M. Villeneuve et à son équipe.

Une autre inquiétude est la controverse concernant la présence de M. Charrette, ministre provincial de l’environnement, à la marche du 27 septembre prochain. Ceci n’est pas un plaidoyer pour le gouvernement de la CAQ. J’utilise cette situation pour simplement illustrer ce braquage.

Un groupe s’oppose violemment à sa présence, menace de lui reprocher les actions ou non-action de son gouvernement. Ce comportement dénote une intransigeance qui risque d’éloigner les citoyens ordinaires. Que veut-on ? Discréditer toute personne qui ne prône pas l’intégralité du discours.

L’histoire nous apprend que tout changement fondamental nécessite une mobilisation qui, parfois, s’inspire de positions extrêmes.

Pensons au mouvement des femmes dans les années 60. Toutefois, on ne doit pas reproduire les actions de groupes extrémistes qui sévissent actuellement, et ce, en prétextant la légitimité de la cause.

Si on souhaite une mobilisation des citoyens et citoyennes qui, comme moi, sont conscients de l’urgence d’agir, il faudra avoir plus d’ouverture, de la patience et cesser de culpabiliser tout un pan de la population.

Quand j’entends les accusations d’irresponsabilité concernant la génération dont je suis, de leur avoir légué une planète malade, je pense que tous souhaitent une meilleure vie pour leurs descendants et que les graves erreurs commises ne l’ont pas été de façon consciente, mais plutôt par manque de connaissances.

Si on recule d’à peine 30 années, la notion de récupération était un concept abstrait.

Pour conclure, s’isoler les uns des autres, se braquer et s’accuser ne nous mèneront nulle part. Maintenant que la jeunesse est mobilisée, il faut apprivoiser les citoyens et citoyennes ordinaires par le respect et l’ouverture. Soyez assurés que les politiques ne pourront que suivre ce mouvement.

Alors, évitons le dérapage.

Ginette Bergeron

Chicoutimi