Les coûts du déficit zéro

«Effacement du déficit fédéral par le Parti conservateur». C'est le titre d'un article de Francis Vailles de La Presse publié dans Le Quotidien de samedi dernier.
Outre le fait que le journaliste identifie clairement que la baisse du déficit est attribuable à l'abolition de 19 200 postes de fonctionnaires fédéraux, c'est l'argent de la caisse de l'assurance chômage qui a servi à éponger ce déficit. Curieusement, cette accumulation de la caisse est survenue après des modifications à la loi qui compliquaient ou empêchaient des travailleurs de recevoir des primes de chômage. Je cite: au 31 décembre 2008, le surplus de la caisse atteignait 57,2 milliards! En 2009, la caisse a changé de nom, mais les surplus ont été ramenés à seulement 2 milliards! Le reste a servi à éponger les déficits passés ou, autrement dit, à réduire la dette». Comment un gouvernement peut-il s'approprier ainsi une caisse qui n'était financée que par les travailleurs et les employeurs, afin de faire face aux aléas de l'économie, et se vanter de bien faire son travail ?
C'est comme si ton institution bancaire, à qui tu dois de l'argent pour un emprunt, tout en vidant ton compte par différents subterfuges, prétend que grâce à sa saine gestion, elle a été prospère, et elle t'en fera profiter en n'augmentant pas le taux d'intérêt qu'elle te charge! Pour moi, c'est un détournement de fonds et une démonstration de non-respect des travailleurs. Quel intérêt ai-je, comme Canadien, à voir le déficit ramené à zéro si le chômage est à la hausse, des emplois sont perdus, les nouveaux emplois sont majoritairement de nature temporaire et rémunérés au salaire minimum ? Qui fera tourner l'économie quand mon pouvoir d'achat est gravement réduit et que le coût de la vie ne cesse d'augmenter ? Pire encore, que se passe-t-il quand la sécurité des aliments par l'étiquetage ne sera plus exigée car l'inspection est chose du passé, que la sécurité dans les avions n'est plus garantie car l'inspection est laissée aux soins des compagnies aériennes et que l'information confidentielle n'est plus protégée? Quel sera le coût réel du déficit zéro ?
Denis Lalancette
Chicoutimi