Cannabis

Les conséquences

En marge du dépôt du projet de loi fédéral pour légaliser la marijuana, Portage s'inquiète de la légalisation avant l'âge de 21 ans. Les centres de Portage à travers le Canada reçoivent annuellement 500 adolescents de 14 à 18 ans avec des problèmes de dépendances, dont 88 % sont dépendants à la marijuana.
En tant qu'organisme venant en aide aux toxicomanes, Portage souhaite rappeler au gouvernement que la légalisation n'arrête pas la dépendance chez les jeunes et qu'il se doit d'outiller financièrement les centres de réadaptation en toxicomanie qui leur viennent en aide.
Dans les discours sur la légalisation de la marijuana, plusieurs points de vue se font entendre. Les partisans de l'initiative dénoncent l'échec de l'approche répressive et les coûts exorbitants liés à la pénalisation. De l'autre côté, on craint que la légalisation banalise les impacts de la marijuana et incite les jeunes à consommer.
Portage est un centre de réadaptation pour toxicomanes qui côtoie cette clientèle depuis 45 ans partout au Québec et au Canada. En tant qu'organisme qui vient en aide aux toxicomanes, nous sommes confrontés quotidiennement aux impacts dévastateurs de l'utilisation abusive de la marijuana.
Le gouvernement Trudeau nous dit qu'avec la légalisation le Canada prend une mesure importante pour réglementer et restreindre l'accès à la marijuana, éviter qu'elle soit à la portée des jeunes et empêcher les criminels d'en profiter. Portage endosse ces objectifs, mais nous rappelons au gouvernement que dans tout le processus qu'il vient de mettre en branle, il ne doit pas oublier, qu'au final, la légalisation n'arrête pas la dépendance !
Suivant le dépôt du projet de loi, le gouvernement doit confirmer qu'en tout temps, la protection des jeunes, et notamment des jeunes toxicomanes, prévaudra. Lorsqu'on les compare aux jeunes d'autres pays développés, les adolescents canadiens sont les plus nombreux à consommer de la marijuana, selon un rapport du Centre de recherche de l'UNICEF de 2013. Et malgré une diminution de son usage ces dernières années, elle demeure la drogue illégale la plus couramment consommée par les jeunes âgés de 15 à 24 ans. Dans les cinq centres de Portage qui accueillent cette clientèle à travers le Canada, nous recevons annuellement environ 500 adolescents de 14 à 18 ans. De ce nombre, la plupart sont dépendants à la marijuana.
Cette réalité milite pour que Portage recommande, à l'instar de l'Association médicale canadienne, de ne pas légaliser la marijuana avant l'âge de 21 ans. De même, nous endossons la recommandation de contrôler le niveau de THC, l'élément actif du cannabis, pour les citoyens âgés de 25 ans et moins. Le cerveau est en développement jusqu'à 25 ans, et le THC est une substance qui, à forte dose, peut accroître les risques pour la santé mentale.
De plus, Portage croit fermement que le gouvernement doit outiller les centres de réadaptation qui viennent en aide aux personnes dépendantes. Le Directeur parlementaire du budget estimait récemment entre 481 et 618 M $ les revenus générés par la vente de la marijuana légale. À cet égard, Portage recommande que la totalité des taxes perçues avec la légalisation de la marijuana serve au développement d'une stratégie nationale de prévention de la dépendance aux drogues et, ultimement, qu'une portion significative soit remise aux centres de réadaptation.
Maintenant que le projet de loi est déposé et que le gouvernement du Canada chemine vers la légalisation de la marijuana, Portage invite le premier ministre Trudeau à rencontrer ses jeunes, à écouter leurs histoires et à les garder en mémoire lors des débats qui mèneront à la légalisation. Il doit toujours garder en tête que la légalisation ne stoppera pas la dépendance !
L'équipe de Portage
Succès à Paris
Anne Hidalgo, la mairesse de Paris, inspire le respect. Son dévouement pour sa ville n'a de cesse de me surprendre et me ravir.
Ses prises de position fermes pour l'environnement sont courageuses et innovatrices, n'en déplaise aux automobilistes parisiens. Je pense ici, entre autres, à ce Parc des rives de Seine qu'elle a inauguré le 2 avril en rendant les bords de la Seine aux promeneurs, aux piétons et aux cyclistes.
Un parc piétonnier sur les deux rives de ce fleuve qui traverse la ville lumière. La mairesse de Paris s'est battu avec son opposition pour imposer et rendre cette piétonnisation accessible aux Parisiens et en faire du même coup un lieu qui deviendra prisé par les touristes.
L'objectif qui sous-tend cette initiative est l'amélioration globale de la qualité de l'air le long des quais dans le centre-ville de Paris. Et pour y arriver, Anne Hidalgo a imposé un Arrêté de la Mairie de Paris, afin d'obtenir la suppression totale de deux voies de circulation automobile justement le long des quais, et ce, depuis le 21 octobre 2016. Évidemment, il fallait s'y attendre, cela a fait polémique.
Mais aujourd'hui, force est de constater que ce Parc des rives de Seine, d'Anne Hidalgo, est une réussite et déjà dimanche le 2 avril, de nombreux Parisiens et touristes étaient présents lors de l'inauguration et ont salué cette réalisation qui lui revient de droit.
Anne Hidalgo est une femme remarquable qui passe de la parole aux actes pour le meilleur du commun des mortels et qui est bien ancrée dans le 21e siècle.
À la veille de la présidentielle, je me dis qu'elle aurait l'étoffe et l'envergure toutes désignées pour devenir un jour la première femme présidente de la République française. Et qui sait, peut-être même dans un avenir pas trop lointain.
Yvan Giguère
Saguenay