Les « p’tits boss »

En réaction à l’éditorial de Marc St-Hilaire intitulé « Crise politique sur fond de budget » et publié dans notre édition du 19 décembre.

OPINION / Il y a bien une crise politique au conseil de ville de Saguenay et vous en énumérez plusieurs causes, toutes injustifiables. J’en ajouterais une autre : devant la révolte de certains citoyens de Laterrière à propos de la forte hausse de taxes de l’an passé, le conseiller (Michel) Potvin, en charge des finances, avait décrété immédiatement, de lui-même apparemment et sans doute par panique, des mesures populistes pour calmer le jeu : limiter la prochaine hausse de taxes à l’inflation et couper cinq millions $ dans les dépenses de la Ville en 2019.

Il était prévisible que cette approche pourrait avoir des conséquences inattendues à l’interne, sinon à l’externe. Vous aviez d’ailleurs écrit sur le sujet. Et voilà qu’un autre « p’tit boss », dans une cuisine qui semble en compter de plus en plus, un conseiller (Kevin Armstrong) nous gratifie de son propre plan de redressement (non public) après avoir refusé le budget dévoilé publiquement.

Les conseillers et la mairesse ont eu amplement le temps d’échanger sur leur vision de la ville, leurs priorités, ainsi que sur les objectifs et moyens d’action qui doivent être traduits dans le budget annuel.

Ne pas s’entendre à la mi-décembre sur un budget qu’ils ont le devoir de proposer et d’entériner avant 2020, et exposer leurs différends de la manière qu’ils ont prise n’est pas à la hauteur de leurs responsabilités, leur rémunération et leur ego.

La solution à appliquer est simple : respecter la fonction de la mairie, poste où l’élue a été choisie par la population, et se concerter au lieu de se diviser. S’ils en sont incapables, qu’ils démissionnent ou requièrent de l’aide extérieure pour se faire réformer.

Le comportement des conseillers qui choisissent de se réunir dans un sous-sol de Saguenay, la plus grande ville de la région, pour comploter, est honteux et petit, et rappelle de mauvais souvenirs pas si lointains.

Auraient-ils déjà sacrifié leur indépendance, bannière sous laquelle ils se sont fait élire ?

Des indépendants, par nature, ne peuvent être des « suiveux » en si grand nombre, au point de constituer un troupeau mené par un ou quelques prétendants fantômes à la mairie.

Roger Boivin

Chicoutimi

C'EST QUOI, SAGUENAY ?

Saguenay, une ville sans âme ;

Saguenay, une ville qui s’est approprié le nom de toute une région ;

Saguenay, une ville sans nom qui lui est propre, une ville sans nom distinctif, sans nom significatif et sans nom porteur de sa mémoire collective ;

Saguenay, une ville artificielle dont les trois pôles majeurs sont à 15 kilomètres l’une de l’autre ;

Saguenay, une ville où l’esprit de clocher est toujours aussi présent depuis sa fondation ;

Saguenay, une ville héritière d’une administration incompétente qui a perduré jusqu’en 2017, qui croule sous les dettes malgré les efforts de ceux qui la gouvernent actuellement ;

Saguenay, une ville en stagnation, où les citoyens voient plus grand que leur capacité de payer et de leur capacité tout court ;

Saguenay, une ville issue de fusions, mais dont les secteurs ou les arrondissements veulent fonctionner comme s’ils ne l’étaient pas ;

Saguenay, une ville issue des fusions qui se targuent d’avoir six centres-villes ;

Saguenay, une ville qui n’a pas pris le temps de réfléchir à son avenir et qui s’embourbe dans des projets à court terme ;

Saguenay, une ville contrôlée par des indépendants qui ne se soucient que de leur petit coin, qui passent plus de temps à saper les efforts des membres d’un parti arrivé avec un vrai programme, plutôt que de mettre un moment de côté leurs différents et réfléchir au développement de cette ville.

Saguenay, une ville qui se pense la capitale d’un Royaume qui n’a jamais existé.

Saguenay, pourquoi existes-tu ?

Bonne chance Saguenay !

Jacques Pelletier

Président du Mouvement Chicoutimi