Leçons haïtiennes

OPINION / Quand je constate que l'Allemagne qui a accepté un million de déplacés demeure l'économie la plus forte de l'Europe, je me dis que c'est positif. Et en me remémorant l'histoire récente d'Haïti, faite de dictature sous les régimes Duvalier, père et fils et de catastrophes naturelles à répétition comme les ouragans annuels et le tremblement de terre de 2010, je retiens deux leçons : la résilience et la solidarité.
La résilience est la capacité à rebondir en dépit de circonstances traumatisantes. Résilients, les Haïtiens et les Haïtiennes le sont en politique. Reste-t-il des serviteurs intègres de l'État après une dictature où les élites sont fauchées ? Comment instaurer la démocratie quand il n'y a pas de système électoral et que tout est à construire en peu de temps ? Pourtant Haïti, appelée la perle des Antilles, dans la géographie de mon enfance, a été le premier pays des Amériques à s'affranchir du colonialisme et de l'esclavage. Ne viennent-ils pas nous dire, que nous devons garder nos mesures d'équité comme les garderies subventionnées, la gestion de l'offre, etc., et que nous jouissons, sans aucun mérite, du climat et de précieuses richesses naturelles ? 
Résilients, les Haïtiens et les Haïtiennes le sont dans le domaine économique. Les journalistes rapportent à la télé que les jeunes haïtiens n'ont pas d'avenir. Par le travail familial, Haïti produisait 30 % de son riz. Surgit du riz subventionné américain qui tue la production locale et crée la dépendance. Et faudrait-il mentionner d'autres cadeaux empoisonnés en oranges, en bananes, en cannes à sucre et en pêches ? Des photos récentes montrent que dans un quartier pas encore relevé du tremblement de terre de 2010, apparaissent des élèves souriantes, propres et fières. N'est-ce pas la preuve que les parents luttent, gardent espoir et croient en l'avenir ? 
Résilients, les Haïtiens et les Haïtiennes le sont au point de vue social. Un missionnaire catholique qui paie 50 % du salaire des enseignants veut connaître l'appréciation de l'école. En premier, les parents placent la sécurité, en deuxième lieu, le fait qu'un repas est servi le midi et en dernier lieu la qualité de l'instruction. L'ordre des priorités en dit long. Que de pauvreté et d'insécurité ? Malgré cela, la tradition culturelle s'exprime dans l'art, la culture et la musique. Ne viennent-ils pas nous dire que nous devons profiter au maximum de notre système de santé et d'éducation, nos politiques sociales avant-gardistes et notre climat social ? 
La solidarité : Sainte Mère Teresa dit que faire la charité doit faire mal. Au Québec, ma solidarité s'exprime sans me départir de mon bas de laine. Je protège mes arrières. « Beaucoup de mains, pas lourde charge», dit un proverbe haïtien. Ils partagent ce qu'ils ont en pensant que quand ils connaîtront des difficultés, les autres partageront à leur tour. Quand il vit aux États-Unis, un jeune nouvellement arrivé au Québec, envoie 60 $, par semaine à sa grand-mère en Haïti. Et la grand-mère le distribue. Les Haïtiens et Haïtiennes qui font la même chose ici ne nous enseignent-ils pas que le Québec doit continuer sa construction dans l'amour, l'entraide et la solidarité ? Aux frontières canadiennes, n'a-t-on pas vu une Haïtienne avec trois enfants et sa petite valise marchant fièrement et dignement vers la terre promise ? Ne m'enseigne-t-elle pas qu'elle ne vivra pas longtemps aux mamelles de l'état ? Ne fait-elle pas un pied de nez au milliardaire Trump et à ceux qui croient que notre mère la Terre leur appartient en propre ? 
Maurice Larouche
Alma
Hausse des tarifs d'électricité
OPINION / Dans Le Progrès week-end du samedi 12 août 2017, on pouvait lire à la page 76 l'avis de la Régie de l'énergie relatif à la demande d'Hydro-Québec d'augmenter (bien sûr) ses tarifs d'électricité de 3,2 % à compter de janvier 2018. Comme d'habitude on demande 3,2 pour avoir un peu moins, car la Régie de l'énergie coupe toujours un peu pour bien paraître et c'est un stratagème que l'on voit depuis plusieurs années sans réagir. Toute personne ou tout organisme avait jusqu'au 22 août à midi pour manifester son désir de participer à l'audience publique qui sert de paravent à des décisions déjà prises dans les officines de la Régie.
La décision de la Régie repose sur les épaules de sept régisseurs dont deux sont des avocats ayant travaillé au service juridique chez Hydro-Québec, un ancien cadre dans le même organisme, deux anciens sous-ministres du gouvernement du Québec, un ancien chef de cabinet et enfin un ancien cadre supérieur chez Gaz Métro. Pensez-vous vraiment que ces personnes dont les salaires se situent dans les six chiffres ont à coeur les préoccupations des citoyens ? J'en doute fort !
Pourquoi Hydro-Québec se tourne-t-elle toujours vers une hausse des tarifs au lieu de faire un sérieux effort de rationalisation dans ses effectifs qu'on sait trop bien garnis et rémunérés ?
Comme moi vous verrez, impuissants, une augmentation de votre facture en janvier à la grande satisfaction du fournisseur d'électricité.
Eugène Tremblay
Saguenay