Leçons d’un déluge

Le débat public sur ce qui devrait être construit sur la zone du Vieux Port de Chicoutimi tombe à point nommé. Pendant que plein de cours d’eau débordent au Québec, ici, il semble bien que nous allons garder nos pieds bien au sec. Seulement...

Un amphithéâtre avec un stationnement à étages digne de ce nom ? C’est bien.

Une nouvelle salle de spectacle avec un stationnement à étages itou ? Non. Un tout inclus, dans un Centre de congrès amalgamé d’un stationnement à étage splendide ? Pourquoi pas ?

Il faut de l’audace, une vision grande ville structurante qui dépasse l’esprit de clocher, le clientélisme électoral, et la petite politique de districts. Mais, tout cela, sans négliger une étude de faisabilité avant de construire dans une zone potentiellement inondable ; compte tenu des mauvaises nouvelles venant des scientifiques de tous les coins de la planète. Au Canada, et cela inclut Saguenay, le réchauffement climatique est deux fois plus rapide que partout ailleurs sur la Terre, selon les scientifiques d’Environnement Canada.

Un magnifique espace vert sans construction doit également faire partie des projets à envisager, si jamais le potentiel dévastateur par inondations de la zone ferroviaire est démontré scientifiquement.

Ne pas tenir compte de cette donnée dans l’équation serait faire preuve d’irresponsabilité et d’insouciance face au défi du changement climatique. Il faut arrêter de penser que Saguenay est dans une bulle, à l’abri du changement climatique.

Mais encore ? Les jeunes ne croient pas aux chants des sirènes de la supposée transition harmonieuse d’une économie basée sur les énergies fossiles vers une économie verte. Pour eux, il y a péril en la demeure. Là, maintenant. Il y a urgence d’agir pour ne pas amplifier les GES.

Même (Justin) Trudeau, en déposant son sac de sable là où il faut, est rendu à dire qu’on est rendus en mode prévention du pire. Que le coup de minuit s’est déjà fait entendre depuis un bout de temps.

Marcel Lapointe

Jonquière

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ENTRE DÉTRESSE ET RÉSILIENCE

Je voudrais ici rendre hommage à tous les sinistrés, victimes d’inondations au Québec, qui démontrent jusqu’à présent une résilience et un courage hors du commun. Leur attitude en pareille circonstance est digne de mention.

Je lisais dans les journaux qu’un résidant de Montréal avait décidé de prendre les choses bien en main pour aider ses proches voisins inondés, lui qui avait connu les affres répétées d’inondations par le passé, du temps où il résidait à l’île Perrot.

Il mentionnait d’ailleurs que les gens de son quartier, Pierrefonds-Roxboro, se serraient les coudes dans cette épreuve. L’esprit d’entraide primait plus que tout.

Ayant vécu le déluge du Saguenay en 1996, je peux vous assurer qu’on n’a pas idée de toute la détresse que les gens vivent quand ils voient leur maison complètement inondée par la crue des eaux.

Les médias nous offrent des images quotidiennes des sinistrés, mais il faut être sur place, près d’eux, pour mesurer le drame humain qui se vit. Quand on est confronté à un tel drame, on voit à quel point les mots entraide et solidarité n’ont pas de prix.

Sans le secours de ses semblables, il serait impensable de se sortir d’un tel chaos. Je voudrais donc rendre hommage aussi à tous ceux et celles qui répondent présents auprès des sinistrés des inondations du Québec, qui apportent leur aide et leur soutien. Ce sont eux qui, bien souvent, font toute la différence.

Vingt-trois ans après le déluge du Saguenay, je garde en mémoire des visages si chers, des mots de réconforts, des mains tendues et tous les gestes de soutien qui ont été posés. Je souhaite aux sinistrés actuels le même élan de compassion.

Yvan Giguère

Saguenay