L’école une semaine sur deux d’ici la fin de l’année scolaire

OPINION / La décision prise par le ministre Jean-François Roberge, le lundi 27 avril, d’ouvrir les écoles primaires, me semble improvisée, peut-être même hâtive. D’autant plus qu’il a, lors de cette annonce, insisté plus d’une fois pour dire qu’il agissait selon le point de vue de la santé publique et non du point de vue de l’éducation publique. Il est vrai que depuis plusieurs jours, l’Association des pédiatres recommandait cette ouverture afin de protéger les enfants les plus vulnérables tant au plan psychologique que scolaire. On ne peut pas être contre une telle ouverture pour de telles raisons, quoique si cela s’avère dans les faits une erreur et qu’il faut reculer, ce n’est pas le gouvernement qui sera blâmé, mais plutôt la Santé publique et c’est en mettre beaucoup sur ses épaules.

Personnellement, j’aurais préféré une décision éducative qui a l’aval de la Santé publique. Ce qui signifie que le ministre aurait fait les consultations nécessaires pour obtenir un consensus de la part des directions d’écoles, des directeurs généraux des centres de services, mais surtout de la part des syndicats. Un consensus autour d’un plan de réouverture des écoles qui soit sécuritaire et dont tous les acteurs et actrices de l’éducation seraient solidaires. Un plan, donc, qui constituerait un élan courageux du milieu éducatif pour apporter une forme d’espoir quant à la réussite du plan de déconfinement nécessaire, et ce, le plus rapidement possible. Parce que le confinement ne peut se poursuivre sans une détérioration de la santé financière et mentale à la fois des jeunes et de leurs parents. Évidemment, un tel plan de réouverture des écoles serait sous la loupe de la santé publique à la fois pour son approbation, mais aussi, en cas de nécessité, pour son interruption.

La question qui se pose : est-il trop tard pour envisager les choses autrement et rapidement ? Je ne crois pas, car comme on dit, en temps de crise, il faut savoir se revirer sur un dix cennes. Je fais donc cette proposition au ministre Roberge.

Toutes les écoles primaires et secondaires rouvriront le 19 mai. Les masques et autres produits sanitaires seront disponibles pour tous les enseignants(es). Cependant, les élèves ne fréquenteront les classes qu’une semaine sur deux en alternance. La première semaine, par exemple, ce sera les élèves dont le nom de famille commence par la lettre A jusqu’à K. La deuxième semaine suivra les élèves de L à Z. Ceci, évidemment, pour favoriser la distanciation par un nombre d’élèves réduit. Évidemment, chacun de ces groupes fonctionnant en alternance ne pourra avoir que trois semaines de classe d’ici la fin de l’année scolaire. Et s’il fallait être plus prudents pour la région de Montréal, deux semaines seraient envisageables et encore raisonnables pour bien terminer l’année scolaire.

Si le ministre adoptait cette approche, en ouvrant toutes les écoles le 19 mai, cela permettrait de préparer au mieux parents et enseignants(es). Pour ces trois semaines de classe, il est aussi possible de prévoir des contenus de programmes stratégiques pour soit améliorer, soit poursuivre les apprentissages pour tous les élèves.

Mais le plus important serait de permettre à tous les élèves, sans distinction de performance, de vivre ensemble une fin d’année près de la normale du point de vue éducatif et certainement positive du point de vue de la santé mentale et psychologique pour eux, mais aussi pour leurs parents, et bien sûr toute notre société.

Le plus important aussi est qu’une telle approche permettrait à tout le milieu éducatif, tant au primaire qu’au secondaire, de pratiquer dès maintenant des stratégies d’accueil et de fonctionnement scolaire adaptables en contexte de pandémie. Car, sans cette pratique, et en l’absence prévisible d’un vaccin, penser ouvrir les écoles secondaires en septembre sera alors un moyen casse-tête sinon une imprudence certaine.

Denis Forcier

Clermont

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LE GLOUBI-GOULBA

Votre texte (Le gloubi-goulba, de Sébastien Lévesque, publié le lundi 4 mai) nous suggère de nous en remettre à la science, mais vous mettez en doute la parole de certains scientifiques dont l’un est prix Nobel de médecine ? Disons-le, les scientifiques, avec leurs limites, émettent différentes hypothèses que les uns et les autres croiront ou non selon leurs propres perceptions ou vécus. Dans mon cas, je veux bien m’en remettre à la science dans le domaine des soins de santé par exemple, car il faut le dire également, les avancements dans ce domaine permettent dans bien des cas une amélioration de notre qualité de vie physique et psychologique. Plusieurs scientifiques émettent également des limites à leurs connaissances, dont ce médecin qui avait déclaré à ma mère en phase terminale, lors de sa sortie de l’hôpital, « la tumeur qui obstruait votre oesophage n’apparaît plus dans vos radiographies et je ne peux vous expliquer pourquoi. Profitez bien de ces moments, car je crois que vous avez eu un miracle ». Ceci dit, la providence divine a pour moi la première place en mon coeur et âme, car par bonheur, l’Esprit saint éclaire davantage ma lanterne que tout ce qui peut se dire statistiquement et scientifiquement. La paix avec vous !

Denis Côté

Chicoutimi