L'EAU, CETTE RICHESSE

L'eau... Qu'elle soit douce ou salée, qu'elle soit de source, ruisselet dans les montagnes, ruisseau, rivière, chute, torrent, lac, fleuve ou océan... Qu'elle soit geyser fumant ou de glace et de frissons, calme et tranquille ou déchaînée par les vents et marées, bruyante et fracassante, ou juste un murmure à notre oreille... Qu'elle soit vive et claire ou noire et profonde... L'eau, c'est la vie... L'origine, celle sans qui rien n'est possible. De l'eau dépendent toutes les espèces vivant sur cette Terre, du plus microscopique des êtres vivants, au plus énorme animal terrestre ou marin... Sans l'eau, nous ne sommes rien.
Pendant longtemps, l'Homme et l'eau firent bon ménage. S'y abreuver, s'y laver, s'y nourrir, s'y rafraîchir et même s'y amuser, comblait l'homme, satisfaisait tous ses besoins. Mais, l'homme, cet être « intelligent », très vite se rendit compte que l'eau pouvait être bien plus que cela... Constata tout le potentiel de cette merveille, la possibilité de la contrôler, de la contenir, de dompter cette force. Et tout doucement, au fil des siècles, de façon plutôt inoffensive, au début, mais combien agressive aujourd'hui, l'homme changea le cours de l'histoire de l'humanité, en changeant le cours de l'eau... Canalisant sa belle énergie, harnachant son lit... Un mal nécessaire, sans doute... Progrès oblige...
L'homme trouva aussi plein de nouveaux moyens de profiter des plaisirs de l'eau, plein de moyens exigeant, pour la plupart, l'utilisation de carburants, polluants, évidemment. L'homme mis même cette eau en bouteille, la vendant plus cher au litre, que l'essence...
Pourtant, l'eau, devrait être sacrée, traitée avec respect, utilisée, oui, peut-être, parfois, lorsqu'aucune autre solution n'existe, lorsque c'est absolument indispensable et inévitable... Et encore, faudrait-il le faire avec beaucoup de clairvoyance, de précaution, de sagesse, de sensibilité, d'intelligence, de douceur et la plus grande des délicatesses.
Chacun de nous, êtres humains que nous sommes, avons la prétention d'être beaucoup plus grand que nous le sommes... Nous sommes petits, tout petits, infiniment petits, dans cet univers. Mais si petits que nous soyons, étonnamment, nous tenons entre nos mains le sort de cette planète. Sachons voir et reconnaître ce qui est plus grand que nous, le traiter avec amour et respect. C'est à nous de faire que nos enfants, les enfants de nos enfants, partagent et perpétuent cette manière d'agir et de penser... Notre Terre ne pourrait survivre à l'indifférence, notre terre ne pourra survivre à l'abus. Notre Terre dépend de l'eau, son système vasculaire, sans l'eau, nous ne sommes rien...
Sachons vivre en harmonie et dans le respect, ne nous laissons pas prendre au piège de l'abondance, tout peut avoir une fin. Développons oui, mais de manière durable, en fonction des besoins réels. Bref, apprenons à changer notre regard, développons une vision différente, une rivière n'est pas qu'un potentiel hydroélectrique, un arbre n'est pas que combustible ou matériau de construction, le sol n'est pas que le recouvrement de richesse minière ou pétrolière...
Nous, gardiens de l'eau, défendons une cause juste, une juste cause qui nous habite jusque dans le fond des tripes. Nous sommes des gens ordinaires, des gens comme vous, des hommes et des femmes au coeur de géant qui se battent, au quotidien, partout au Québec, pour protéger les rivières, pour que l'eau demeure propre et libre. Comment ignorer cela, comment se peut-il que, même, un seul d'entre nous, êtres humains, puisse ignorer cela...
Sans l'eau, nous ne sommes rien...
Marie Néron, Roberval