Le volet «transport» ne tient pas la route

OPINION / D’après la Banque mondiale, le prix du phosphate a chuté en mai dernier, passant de 103 $ à 87 $ la tonne, ce qui met encore plus en péril la solvabilité du projet de mine Lac à Paul et de la construction d’un troisième terminal maritime sur le fjord du Saguenay.

On essaie d’imposer aux contribuables de payer une somme de 260 M$ pour un terminal qui n’a pas beaucoup d’espoir de servir à quoi que ce soit. Et le fait qu’il n’y ait pas de réseau ferroviaire sur la rive nord du Saguenay, j’entrevois mal le projet du Plan Nord être évacué par camions.

Rappelons-nous ici que le BAPE ne s’est pas prononcé face au volet transport faute de données tangibles pour justifier le choix du promoteur. Le BAPE a recommandé d’évaluer la faisabilité financière de l’utilisation d’infrastructures déjà en place pour le transport du concentré. C’est le premier ministre Couillard qui a donné le feu vert au volet transport. Il n’a pas suivi les recommandations du BAPE.

La route L200, c’est l’accès au terrain de jeu des Saguenéens et des touristes pour la chasse, la pêche, la villégiature et la motoneige. Dans l’éventualité de l’évacuation du Plan Nord par la route L200, je ne serai plus du nombre pour tenter de m’y promener.

Josée Vermette

Saint-Fulgence

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CPE ET MILIEU FAMILIAL

OPINION / Maternelle 4 ans, CPE, garderies commerciales, etc. En cette période électorale, les partis politiques font des courbettes et nous promettent un peu de tout pour nos tout-petits. Pourtant, toutes les offres n’ont pas la même valeur.

Les services offerts en centre de la petite enfance (CPE) et en milieu familial reconnu et subventionné (RSG) sont devenus des alliés importants de la réussite scolaire et de la conciliation famille-travail-étude.

Toutes les études démontrent les avantages des CPE en matière de développement global de l’enfant, par comparaison aux garderies commerciales, qu’elles soient subventionnées ou non. La même supériorité est observable chez les RSG reconnues par rapport à la garde d’enfants à domicile qui n’est pas régie par la loi. Nous serons là pour le rappeler au prochain gouvernement lorsqu’il posera des gestes ayant un impact sur ces joyaux !

Qu’en est-il de la maternelle 4 ans ? Cette proposition s’appuie sur la croyance que le système scolaire est nécessairement meilleur pour la préparation à la scolarité, et ce, notamment pour les enfants ayant des besoins particuliers. Le milieu scolaire a ses propres défis à relever en matière d’immobilier vétuste et de manque criant de locaux et de personnel. Nous reconnaissons que la maternelle 4 ans répond efficacement aux besoins spécifiques des enfants issus de milieux défavorisés. Ceci n’implique pas qu’il est nécessaire d’en faire une norme.

Dans les CPE, la majorité des éducatrices ont reçu une formation spécialisée pour répondre aux besoins des tout-petits. La taille des groupes, le ratio adultes-enfants, les services alimentaires et la mise en place de moyens de communication avec les parents contribuent à la qualité du service. De plus, ces éducatrices emploient des méthodes éducatives fondées sur le développement global de l’enfant, sa stimulation, l’éveil de tout son potentiel et sa socialisation par le jeu. Le défi auquel il faut s’attaquer est celui du manque de places en CPE et de l’iniquité d’accès qui en résulte. C’est par le financement et la valorisation de ces services, en complémentarité des services éducatifs déjà existants, que le prochain gouvernement pourra offrir véritablement le meilleur aux enfants du Québec.

Or, depuis 15 ans, le gouvernement n’a de cesse d’attaquer les services de garde éducatifs et subventionnés. Il existe encore de nombreuses familles qui n’ont pas accès à une place à contribution réduite dans un service de qualité, particulièrement dans les milieux défavorisés. Même si le gouvernement québécois annonçait ce printemps la gratuité des services de garde subventionnés aux parents des milieux défavorisés ainsi que la création de plus de 5 000 places en CPE, il reste beaucoup à faire pour reconstruire ce qui a été détruit et améliorer notre réseau.

Nous appelons le prochain gouvernement à déployer tous les efforts nécessaires pour assurer une accessibilité accrue aux réseaux des CPE et du milieu familial reconnu et subventionné, dont la supériorité a été prouvée à maintes reprises. En ce sens, la CSN lançait le printemps dernier sa campagne « On offre le meilleur ». Nous invitons tous les candidats et les candidates à s’y intéresser : csn.info/lemeilleur.

Jacques Létourneau, président

CSN