Le temps, son meilleur allié

Concernant un nouveau centre sportif à Chicoutimi, la question à se poser est la même que celle qui m’interpelle devant l’achat, par exemple, d’une voiture. Une neuve ou une usagée en bon état de service ? Si je garde mes deux pieds sur terre et que je me sers avant tout du côté gauche de mon cerveau, je vais prendre le temps d’évaluer ma capacité de payer sans m’endetter ; sans couper dans mes autres priorités (nourriture, vêtements, etc.) ; en évaluant ce que je pourrais sacrifier (voyage, un peu moins de technologie numérique, skidoo, mon VTT) si nécessaire.

Je me rappellerai qu’au Canada, le citoyen est endetté à 165 % de son revenu. C’est-à-dire que pour chaque dollar qu’il peut dépenser, il y ajoute 1,65 $ sur sa carte de crédit pour satisfaire son besoin intangible et intarissable de consommer. Je me souviendrai qu’avec la hausse des taux d’intérêt, des familles entières se retrouvent dans la mouise, et que moi-même, je ne suis pas à l’abri des mauvais sorts de la vie.

L’administration Néron dans le dossier du Centre Georgs-Vézina doit montrer l’exemple à ses citoyens. 

Comme l’a dit l’éditorialiste Marc Saint-Hilaire dans Le Quotidien, le temps joue pour elle. Le temps d’améliorer le ratio de la dette de la ville versus sa création de richesse (dette/PIB) avant de donner le feu vert à son projet de nouvel amphithéâtre à deux glaces au centre-ville de Chicoutimi. Il se peut fort bien qu’un projet sans doute considéré pharaonique aujourd’hui, puisse, si les conditions économiques sont réunies, devenir quelque chose que Saguenay pourra se permettre dans cinq ans. Patience et longueur de temps valent mieux que force et rage, dit l’adage.

Marcel Lapointe

Jonquière

Québécois contre Canadiens-français

Les États ayant en général la politique de leur géographie, les lignes de force géopolitiques dans l’Est du continent sont encore fondamentalement les mêmes que celles qui prévalaient au temps de la Nouvelle-France. Or, si les Gouverneurs français s’étaient désintéressés du Pays d’En-Haut et n’avaient pas investi le reste du continent de sorte que la France y soit présente pour soutenir ses intérêts, ils n’auraient pas été en mesure de nouer des alliances avec la quasi-totalité des nations amérindiennes et, par conséquent, maîtrisé le jeu continental entre puissances européennes aussi longtemps que ce fut historiquement le cas.

Avec le Bloc, les Québécois se sont donné un corps expéditionnaire en mesure de collaborer avec nos voisins nord-américains et de définir les relations entre le Québec moderne et les nations environnantes. Ceci inclut la nation canadienne qu’il faut constamment rassurer sur la continuité et l’épanouissement de son existence s’il se produit un jour un changement fondamental dans le statut politique du Québec. 

À Ottawa, les fédéralistes canadiens-français représentent une minorité ethnique canadienne en voie de disparition, donc négligeable, sinon méprisable, alors que les bloquistes proviennent d’une nation encore majoritaire sur un territoire délimité dans l’Est de l’Amérique, et qui se perçoit comme telle. Ce n’est pas du tout la même chose, et les anglophones du pays ne s’y trompent pas. Le reste du Canada attend patiemment que cette querelle fratricide se termine pour s’arranger avec ceux qui auront eu le dessus. En réalité, le Bloc rend les fédéralistes canadiens-français obsolètes en tant que représentants ethniques auprès de la majorité canadienne. 

C’est pourquoi des Québécois doivent de nouveau quitter leurs foyers près du grand fleuve et prendre la route du Pays d’En-Haut. Une fois sur place, il serait néanmoins préférable qu’ils évitent de s’y étriper seulement pour savoir qui a raison. 

Léonce Naud

Deschambault

Lettre ouverte à Martine Ouellet

Comme on ne se connaît pas, je me dois de vous donner brièvement mon implication politique. J’ai milité activement pendant plusieurs années pour la souveraineté et uniquement pour cette cause auprès de MM. Lévesque, Parizeau , Johnson et bien d’autres pour ensuite passer au Bloc avec MM. Bouchard, Duceppe et mon ami Michel Gauthier. 

M. Lévesque disait souvent que malheureusement pour faire la souveraineté du Québec, ça prend un parti politique, car il savait, lui, tout ce qui se passe dans un tel parti. Je le sais également, car j’en ai vu des dissensions et des chicanes autant au Parti québécois qu’au Bloc.

Vous devez admettre que depuis votre arrivée au Bloc, vous avez contribué largement à alimenter cette coutume. On vous connaît comme environnementaliste, écologiste, souverainiste féministe et on peut peut-être y ajouter opportuniste aujourd’hui, de la manière que vous agissez dans ce conflit. Si c’est vraiment la souveraineté qui vous tient à coeur, oubliez votre carrière et retournez à Québec, car je crois que le Bloc a encore sa raison d’être, mais uniquement pour défendre les intérêts du Québec en ne parlant plus de souveraineté qui est un frein pour beaucoup de Québécois, afin de voter pour ce parti à Ottawa.

Personnellement, j’ai rêvé longtemps et j’ai cru que nous pouvions devenir un pays surtout avec M. Lévesque, mais maintenant je crois que ce n’était qu’un rêve inatteignable. 

Yvon Lavoie

Granby