Le style François Bourque!

François Bourque vient de recevoir le Prix Blanche Lemco Van Ginkel pour sa contribution au développement de l’urbanisme au Québec. Ce prix lui a été attribué par l’Ordre des urbanistes du Québec. Cette distinction souligne donc la rigueur et l’excellence du travail de ce chroniqueur du Soleil rattaché aux affaires municipales.

Moi, si je suis un lecteur assidu du Soleil de Québec, c’est en grande partie dû au grand professionnalisme des journalistes qui oeuvrent à ce journal. D’ailleurs, M. Bourque possède une plume aiguisée et ses textes sont limpides, espacés, concis et vont à l’essentiel. Chaque fois, j’éprouve un réel plaisir à le lire. Dire qu’il possède une véritable plume d’écrivain, cela ne serait pas vain. Du moins, on peut dire de François Bourque que lorsqu’on le lit, on se sent plus intelligent. Il a l’art de nous amener toujours plus loin dans la compréhension des grands dossiers qu’il aborde, dont celui de l’urbanisme justement. Je me réjouis de voir que son talent vient d’être récompensé.

Yvan Giguère

Saguenay

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IL Y A DE L'EAU DANS LE GAZ

Trans Mountain, Teck Frontier, Coastal Gaslink, GNL Québec: ces projets requérant des investissements totaux de plus de 50G$ arrivent tous à un moment charnière quant à l’avenir des grands projets issus de l’exploitation des ressources naturelles, notamment des ressources pétrolières et gazéifières.

L’abandon inattendu du projet d’exploitation des sables bitumineux Teck Frontier (20G$), le cul-de-sac dans lequel se retrouve Coastal Gaslink (6G$) à la suite des blocus ferroviaires, l’explosion des coûts de Trans Mountain (de 7 à 13G$), la polarisation du projet GNL dans un contexte de lutte aux changements climatiques; assistons-nous en direct à la fin des grands projets énergétiques?

Les blocus ferroviaires, la ferme intention des groupes environnementaux et des Premières Nations de continuer de s’opposer par tous les moyens à la réalisation de Trans Montain malgré l’autorisation gouvernementale, le retrait d’investissement de la Banque Européenne et de Black Rock des projets d’énergie fossile, l’opposition des citoyens au financement public pour des projets de pipeline, le non-règlement de la question de la gouvernance autochtone et des droits territoriaux sont autant de signaux qui rendent très improbables la capacité de mener à terme ces grands projets énergétiques.

On le voit bien, l’opinion publique est en train de changer et sa transition est de plus en plus en phase avec la nécessaire transition énergétique. Des conclusions positives du BAPE et la volonté gouvernementale d’aller de l’avant avec ce type de projets sont vouées à des contestations sans fin tant que les questions de la gouvernance et des droits territoriaux n’auront pas été réglées avec les autochtones.

Désormais, l’acceptabilité sociale et la stabilité sociale conditionneront les investissements. Nous sommes, à l’évidence, en train de passer dans le prochain siècle et le développement par les énergies fossiles devient de plus en plus illusoire, voire contre-productif.

Le Québec et particulièrement les régions dites ressources doivent dans l’esprit de la Paix des Braves et de la Grande Alliance ouvrir une ère nouvelle avec les nations autochtones et bâtir des projets, qui dans le respect de la Terre-Mère, seront exemplaires par leur partenariat et l’enrichissement respectueux et équitable des parties prenantes.

Et ce n’est surtout pas avec des injonctions et des arrestations que se fera la réconciliation. Devant l’évidence de l’échec d’Ottawa à y parvenir, je nous invite à entendre le message que nous adressait Roméo Saganash en juillet 2017 : «Il n’y a jamais eu de pays constitué avec la participation des autochtones. La souveraineté du Québec pourrait en être l’occasion.»

Bernard Généreux

Saint-Prime