Le scandale de la gestion de Saguenay

OPINION / Honte au milieu des affaires de Saguenay ! Honte surtout à ceux, professionnels, gros propriétaires, entrepreneurs et autres qui pouvaient juger de l’administration Tremblay et qui ont laissé aller… Qui ont laissé s’installer un climat de peur. Qui ont laissé le maire agir à sa guise avec des nominations arbitraires dignes du temps du Duplessisme. Qui ont laissé se détériorer les infrastructures en surface et souterraines de la ville en camouflant sous d’éphémères baisses de taxes attirant le vote d’un grand nombre de votants que sont les propriétaires de résidences. Les dommages collatéraux causés au futur de la ville et aussi de la région sont inestimables.

Il faut savoir que le coût du rafistolage des infrastructures va s’accentuer d’année en année. Le remplacement de celles-ci, et cela sur une période d’au moins une dizaine d’années. Tout cela en même temps qu’une dévaluation des propriétés en raison de milliers de propriétés en vente. 

J’ai fondé, il y a 60 ans, une entreprise connue maintenant comme Le Groupe LFL et qui est un grand bâtisseur dans le grand Territoire du Nord. Cela ne m’a pas empêché de m’impliquer dans la gestion de ma ville (Alma) et le développement économique de la région. Par exemple, en 1968, la création du premier commissariat industriel du Québec, regroupant Alma et les 12 municipalités du Lac-Saint-Jean, la route du Nord de 1984 à 1994, dossier que j’ai piloté durant 10 ans, etc. C’est aussi la responsabilité des leaders et des entrepreneurs de « veiller au grain ».

Je vous accuse d’avoir failli à vos responsabilités de citoyens ! Pendant 20 ans, vous avez fermé les yeux sur ce qui était une évidence et vous avez été complices par lâcheté, et peut-être par intérêts, de ce système presque dictatorial. D’autant plus décevant que tout ça vient entacher la réputation de tous les employés de la Ville qui, pour la très grande majorité, font un excellent travail.

La nouvelle administration de la Ville a un gros défi à relever et aura à faire face à l’augmentation accélérée de la détérioration des infrastructures et à voir à leur remplacement d’ici une vingtaine d’années. Il faut noter que le coût d’entretien (ex. : nids de poule) va s’accentuer d’année en année, jusqu’à ce que le remplacement ait atteint un certain niveau et cela en même temps que la valeur des propriétés résidentielles qui est en forte décroissance. 

C’est le temps ou jamais de redresser la situation et de faire le grand ménage qui s’impose.

Laval Fortin

Alma

Qui décide à l’hôtel de ville ?

OPINION / Au cours des quatre prochaines années, nous allons certainement vivre, dans cette grande ville du Haut-Saguenay, une tout autre gouvernance que celle que nous avons subie au cours des 15 dernières années. Mais, comme presque partout, dans cette province, les maires (ou mairesses) nous ont laissés croire que c’étaient eux qui décidaient de tout. Les médias se sont prêtés à ce jeu ; les titres dans les médias en sont la meilleure illustration : « Jean Tremblay créera le Podium Pierre Lavoie » « Régis Labeaume promet une maison des sciences », « Denis Coderre a décidé de renoncer à organiser les Jeux mondiaux policiers et pompiers », etc. 

Il est tentant, pour le premier magistrat d’une ville, d’utiliser le « Je » lorsqu’il s’agit d’annoncer, par exemple, un projet. Les maires sont-ils vraiment omnipotents ? Si on se fie à la loi des cités et villes, il n’en est rien : c’est le conseil municipal qui est souverain et qui approuve toutes résolutions ou règlements. Prenons le cas des investissements pour des projets. À l’article 52 de ladite Loi, on stipule que le maire « soumet au conseil tout projet qu’il croit nécessaire ou utile, et lui communique toutes les informations et suggestions relatives à l’amélioration des finances, de la police, de la santé, etc. ». En somme ce que tout conseiller municipal peut également faire. Par contre, l’article 53 nous informe que le maire peut apposer son veto, ce qu’un conseiller ne peut pas faire, sur toute résolution ou règlement adoptés par le conseil. Toutefois, ce veto est temporaire. Le greffier « les soumet de nouveau au conseil à la séance suivante pour qu’il les considère d’urgence et en priorité », et, « si la majorité absolue des membres du conseil approuve de nouveau tels règlements, résolutions, obligations ou contrats, le maire est tenu de les signer et approuver ».

Il est évident que le maire peut déclarer qu’il est pour ou contre tel projet ou qu’il veut aller de l’avant pour tel autre projet. Mais, lorsqu’il s’agit de déclarer que tel projet va se réaliser, c’est le conseil municipal qui décide. C’est la raison pour laquelle il est important que la population puisse assister, physiquement ou par la voie des médias électroniques, à ces rencontres mensuelles. Si les élus sont transparents, ils devront mettre en place un processus d’approbation des résolutions ou des règlements qui donnera le temps aux citoyens d’être bien informés et de pouvoir, lorsqu’il s’agit particulièrement de décisions qui ont un impact sur l’avenir de la Ville, faire partie de la prise de décision. Cela se nomme de la démocratie participative. Nous n’avons plus les moyens de nous payer des conseillers qui abdiquent leurs responsabilités. 

Jacques Pelletier

Chicoutimi