Le Saguenay–Lac-Saint-Jean rapetisse

OPINION / Pour le meilleur ou pour le pire, le projet de construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel (projet de GNL Québec) au Saguenay ne se réalisera probablement pas.

Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, cet autre projet économique « avorté » laissera la région à ses perspectives de déclin tranquille.

Sur presque tous les plans du développement, la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean recule ou fait du surplace. La population diminue, notamment parce que les gens, surtout les jeunes, quittent la région, la croissance du PIB est la plus faible de toutes les régions administratives du Québec (de 2008 à 2017), la production industrielle recule et le taux d’emploi accuse un écart de 5 % par rapport à l’ensemble du Québec.

Et ce n’est pas près de s’améliorer. Selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), entre 2016 et 2041, la population de la région devrait diminuer encore de 5,6 % alors que celle du Québec tout entier devrait croître de 13,6 %.

Ça fait plus de 30 ans que les leaders politiques et économiques du Saguena–Lac-Saint-Jean cherchent à diversifier l’économie. Malgré leur indéniable attachement à la région et les efforts loyaux qu’ils y consacrent, les résultats sont pour le moins mitigés. Le recul de la région se poursuit inexorablement. Selon l’ISQ, « en 2017, les principales bases économiques du Saguenay–Lac-Saint-Jean sont la fabrication de papier, la première transformation des métaux, la foresterie et l’exploitation forestière, les activités de soutien à l’agriculture et à la foresterie, la fabrication de produits en bois et l’extraction minière, l’exploitation en carrière et l’extraction de pétrole et de gaz ».

Bien sûr, le Saguenay–Lac-Saint-Jean n’est pas une région sous-développée. Elle a aussi beaucoup de charme. Mais elle ne peut guère nourrir de grandes ambitions, surtout si les Saguenéens et/ou les autres Québécois rejettent d’emblée les projets d’investissement dans les industries de base de la région… parce qu’ils ne sont pas « carbone-neutre » ou qu’ils risquent de troubler la quiétude des retraités.

On peut certes faire la fine bouche sur certains projets économiques, mais les alternatives ne sont jamais au rendez-vous. On tue le cheval sans se demander qui va tirer le char.

Certains bien-pensants professent depuis longtemps que les régions dites ressources devaient se libérer de leur dépendance à l’égard des grandes entreprises en favorisant la prolifération de PME locales ou régionales. Cela ne s’est produit nulle part au Québec. De même, la presque totalité des projets d’exploitation des ressources naturelles est condamnée d’avance dans ces milieux critiques qui préconisent plutôt des initiatives en matière d’économie verte ou d’énergie renouvelable… Mais il s’agit de projets mirages qui n’existent que sur papier.

Bref, pour l’heure, les projets alternatifs, ça demeure du vent. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean ne connaîtra pas un boom économique en misant sur l’écotourisme ou la microagriculture productrice d’aliments biologiques vendus dans les marchés locaux.

Et c’est ainsi qu’une région rapetisse… tranquillement, sans faire de bruit, sans déranger personne. Comme le chantait Sylvain Lelièvre : « Si on le voit pas quand on se réveille, c’est p’t-être qu’on rapetisse nous autres aussi. »

Yvon Boudreau

Québec

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MAUVAISE GESTION DE FONDS PUBLICS

Bus O Saguenay, le comité de citoyens pour l’amélioration du transport en commun au Saguenay, tient à réagir à la publicité que la Ville de Saguenay s’est payée dans Le Quotidien du mercredi 26 février dernier pour faire l’annonce de l’inauguration du corridor d’écomobilité qu’a aménagé la Société de transport du Saguenay (STS) qui va du centre-ville de Chicoutimi jusqu’au magasin Costco en passant par les centres commerciaux, l’UQAC, le Cégep de Chicoutimi et l’hôpital.

Contrairement à ce qui est soutenu dans cette publicité, ce corridor n’améliore en rien le transport en commun, puisque cette ligne est favorisée au détriment des autres lignes vers les quartiers, qui sont abolies ou agrandies, ce qui n’est pas du tout équitable. Il en résulte une baisse de l’achalandage, quoi qu’en dise la STS.

Bus O Saguenay dénonce ce gaspillage de fonds publics et le fait qu’on utilise à mauvais escient les données de l’enquête origine-destination du ministère des Transports pour détourner la mission des sociétés de transport en commun pour ne choisir que d’avantager les « principaux générateurs de déplacements », c’est-à-dire, les lieux mentionnés ci-haut. Avec une telle « vision » du transport en commun, il en résultera à terme la disparition du service.

Enfin, Bus O Saguenay s’étonne que dans cette publicité, on dit souhaiter augmenter l’accessibilité au transport en commun, alors que la STS ne permet toujours pas aux personnes à mobilité réduite d’avoir accès à son réseau régulier, contrairement à toutes les autres sociétés de transport en commun au Québec assujetties à la Loi sur les sociétés de transport en commun.

Sylvie Dussault

Louise Bouchard

Martine Girard

Lucie Bouchard

Rick Marvin Jean-Pierre

Bus O Saguenay, comité de citoyens pour l’amélioration du transport en commun au Saguenay