Le retour en classe

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
OPINION / Nous sommes dans une période qui va rester à l’histoire, cela va dépendre de son issue, prochaine ou non, nul ne le sait.

Nul besoin de faire la nomenclature de tout ce que notre petite boule vit depuis plus de six mois, et plus à bien des endroits.

Je vais m’en tenir à ce qui se vit, ici, hier, aujourd’hui, demain, c.-à-d., les rentrées scolaires.

Nous sommes encore en état de crise, au moment où rien n’est assuré dans nos décisions, proches ou lointaines.

Les incertitudes, normales, sont diagnostiquées par certains connaissants en équilibre mental dans les médias, comme de l’angoisse, du mal-être, de l’insécurité chronique.

Être inquiet ne fait pas de nous des êtres dérangés, malades, sujets à la consultation, voire à la médication.

Si j’ai 6 ans, que je n’ai pas vu une classe, un prof, des amis depuis la relâche 2020, et que de savoir que demain, la semaine prochaine, je vais être à l’école, etc., si cela ne m’énerve pas, c’est que je ne suis pas sur la bonne planète, ou que je suis moins allumé.

Si je rate une année à cause de cela, je la recommencerai, point final.

Personne n’est mort d’avoir eu à reprendre une année. Reprendre une année, en ce qui me concerne, n’a que du positif. Qu’est-ce qui presse tant ? Il est où le feu ?

On fait une nouvelle avec le fait que les finissants du secondaire de 2020 n’ont pas eu de bal...

Qu’ils en parlent avec leurs grands-parents, leurs oncles, leurs tantes qui, y a pas si loin, n’avaient pas de bal avec un diplôme raté de 7e année, qui clôturait toutes leurs études...

Pas si loin ça...

L’entrée au cégep, à l’université, pas drôle en 2020. Pauvres eux autres.

On ne leur a pas dit que des entrées à l’université, ça peut se reporter ! Ben oui !

Le malaise, vient-il des médias, qui sont en manque de nouvelles, ou des personnes concernées ? Cela dit, je m’excuse auprès d’eux, les médias, d’avoir osé écrire cela.

Il fait beau, au moment où je rédige ce qu’on peut appeler une opinion. Plein de corneilles chantent, les arbres n’ont jamais eu l’air aussi verts, en santé, comme si la planète reprenait ses droits légitimes.

Nous vivons en pause.

Moment de méditation, comme on nous disait dans les églises autrefois, ne la perdons pas dans de l’analyse et de l’activisme stériles.

Nous vivons une période historique, marginale. Ce serait une erreur de la gérer comme normale.

Pauline Germain

Chicoutimi