Le projet GNL Québec

OPINION / Le député de Jonquière Sylvain Gaudreault s’oppose et demande aux citoyens de la région de s’opposer au projet GNL Québec, et ce, avant même le dépôt du rapport du BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement). Je respecte son point de vue, mais je ne le partage pas. J’estime que les arguments qu’il met de l’avant ne sont pas convaincants. Ce projet mérite notre soutien, à moins que les conclusions du BAPE soulèvent des problèmes importants.

Sylvain Gaudreault affirme que le projet augmentera la production de GES (gaz à effet de serre), du fait qu’une partie de la production augmentera la consommation de gaz naturel dans certains pays. Il refuse de prendre en compte qu’une large part de la production du projet GNL Québec viendra réduire la consommation de charbon et de pétrole dans d’autres pays et, par conséquent, réduira la production de GES à l’échelle de la planète. L’étude du cycle de vie du projet indique que le bilan net est largement positif.

Sylvain Gaudreault fait sienne l’affirmation que le gaz naturel n’est pas une énergie de transition. Dans les faits, il s’agit d’un souhait et non d’une analyse des tendances du marché. Des groupes écologiques souhaitent contraindre la production et la distribution de gaz naturel de sorte que les pays qui veulent réduire leur consommation de pétrole et de charbon soient dans l’obligation d’avoir recours à des sources d’énergie renouvelable. Cette stratégie n’a fait l’objet d’aucun consensus à l’échelle internationale tant pour sa pertinence que pour son efficacité, du fait que les pays pourraient choisir de prolonger l’utilisation du pétrole et du charbon, qui fournissent plus de 80 % de l’énergie dans le monde. Notre région, une région qui connaît une sous-performance économique depuis 10 ans, serait une des premières, sinon la première à l’échelle du monde, à refuser un projet de gaz naturel alors que le projet de GNL Québec est le moins polluant dans son secteur, compte tenu de l’utilisation de l’énergie hydroélectrique et de son engagement à devenir carboneutre.

Il y a urgence climatique et la réduction des GES est une priorité. La mobilisation de l’esprit de croisade et de l’esprit de calcul sont nécessaires. La région, comme tout le Québec, doit faire sa part, se donner des objectifs, une stratégie, et passer à l’action pour respecter ses engagements. Elle n’a cependant pas pour mission de sauver le monde. Il serait d’ailleurs prétentieux de le croire.

Sylvain Gaudreault affirme que le refus du projet GNL s’inscrit dans la continuité du refus de l’exploitation du gaz naturel au Québec. Il y a pourtant une différence fondamentale entre ces deux décisions. Le Québec avait la responsabilité de décider de l’exploitation ou de la non-exploitation du gaz naturel, il y avait des impacts négatifs sur le territoire québécois, et un impact négatif sur le bilan des GES du Québec, selon les modalités de calculs utilisées dans le cadre de l’accord de Paris. Pour le projet GNL Québec, c’est l’Alberta qui décide de l’exploitation du gaz naturel utilisé par le projet, qui en subit les impacts négatifs sur son territoire et l’impact sur son bilan de GES.

Le député de Jonquière souhaite enfin que la région se donne une stratégie pour profiter des opportunités offertes par l’économie verte. Je suis pleinement en accord avec cette proposition. J’estime que le projet GNL ne vient pas en contradiction avec cette stratégie, à moins que les travaux du BAPE nous indiquent le contraire. Dans ce cas, il faudra refaire le point sur le projet GNL Québec.

Gilles Bergeron, économiste

Saguenay

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DE MARBRE

OPINION / La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, serait-elle également la ministre de l’Environnement ? « Il y a tellement de gens qui font peur et qui se disent environnementalistes et qui ne le sont pas du tout », a-t-elle déclaré, récemment, dans Le Quotidien. Bien sûr, tout le monde peut avoir une opinion. Mais de qui parle-t-elle au juste quand elle nous met en garde contre les épouvantails à projets industriels contestables ?

Elle qui défend bec et ongles, comme son maître à penser, François Legault, le polluant projet de GNL Québec à Saguenay, qui, selon des spécialistes, sera quatre fois plus polluant que la cimenterie de Port-Daniel en Gaspésie. Pour la ministre, les emplois liés au projet doivent primer sur l’urgence climatique. Pourtant, il y a des exemples partout sur la planète pour démontrer que le virage vert et la création d’emplois, nombreux et bien payés, sont compatibles. Pensons à l’Allemagne qui, depuis plus de 20 ans, se défait progressivement du charbon à la faveur de l’éolien avec des millions d’emplois à la clé.

Non, ce que je pense, c’est que les environnementalistes déguisés, ces vertueux « climatoréalistes », sont celles et ceux qui préfèrent regarder ailleurs pour ne pas voir l’urgence face à laquelle l’humain est confronté. Même les scientifiques de partout sur le globe, qui affirment unanimement que les limites sont atteintes, les laissent de marbre. Ils sont fermement déterminés à prendre le contrôle de ce que le peuple doit penser.

Marcel Lapointe

Jonquière