Le prix de l’insouciance

Qui sont les mieux placés, sinon les agriculteurs, pour apprécier et appréhender le changement climatique ?

Ça n’a pas changé depuis des temps immémoriaux : du lever au coucher du soleil, ils sont à l’affût des moindres soubresauts climatiques ; leurs affaires en dépendent. Et qui plus est, ils sont assez humbles pour s’en remettre à la science pour les aider à y voir plus clair dans le changement climatique.

Dans Le Quotidien, récemment, le président régional de l’Union des producteurs agricoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mario Théberge, affirmait que les hausses de température dues aux GES sont plus élevées dans les régions nordiques comme la nôtre. Notre situation géographique devrait nous inciter à nous en préoccuper davantage.

Le groupe Ouranos, des scientifiques spécialisés pour documenter les changements climatiques anticipés, collaborera avec l’UPA pour savoir leur impact sur la gestion de l’eau, des sols, etc.

Croire que chez nous, il n’y a pas de signe de dérèglement du climat, à l’exception d’une sécheresse sans précédent qui, l’été dernier, a mis en péril des troupeaux entiers de vaches laitières, c’est faire l’autruche.

Selon une récente étude du Service mondial de surveillance des glaciers de l’Université de Zurich, ceux de l’Ouest canadien fondent cinq fois plus rapidement que dans les années 60. Seulement en Amérique du Nord, la perte de neige et de glace des glaciers est de 187 milliards de tonnes annuellement.

Depuis 1961, incluant, cela va sans dire, les glaciers qui se situent dans le nord du Québec, la Terre a perdu 9600 milliards de tonnes métriques de neige et de glace. Faut-il le redire : la fonte accélérée des glaciers aux étés de plus en plus chauds, gonfle le niveau de l’océan Atlantique, si bien que ceux du Saint-Laurent et du Saguenay ne pourront y échapper ; le Saint-Laurent a déjà commencé son érosion dans l’estuaire.

Mais comment se peut-il que, malgré ces « grandes eaux de Versailles » qui pendent au-dessus de nos têtes telle une épée de Damoclès, les promoteurs de grands projets dans le fjord du Saguenay et sur la Zone portuaire de Chicoutimi ne semblent pas s’en émouvoir ? Le fric qu’aujourd’hui les grands projets promettent de faire tomber sur le peuple comme une manne bienfaisante ne sera sans doute rien en comparaison à l’hypothèque que devront rembourser les jeunes et leur descendance.

Il est à souhaiter que de plus en plus d’actions collectives de jeunes, comme celle du 15 mars dernier, nous le rappellent ; si c’est le seul moyen de nous faire sortir de notre indolence et notre torpeur.

Marcel Lapointe

Jonquière

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UN PRODUIT D'APPEL

Saguenay hésite toujours à mettre de l’avant deux projets soutenus par la mobilisation citoyenne et le milieu de la communauté de La Baie pour une raison de coût, lequel est tout à fait comparable à ce qui se fait ailleurs. 

La sauvegarde du bâtiment patrimonial de l’église Saint-Édouard, qualifié A (incontournable) par le gouvernement du Québec, à deux pas du quai de croisières internationales, pourrait devenir un réel produit d’appel touristique et culturel de la région. Cependant, il faut être capable d’anticiper, avoir une vision de l’avenir et une volonté politique qui manque encore.

Actuellement, l’arrondissement de La Baie a grand besoin d’une bibliothèque publique. L’aménager dans ce bâtiment patrimonial, central dans l’arrondissement, tout en y intégrant une dimension culturelle régionale, rentabiliserait l’investissement. Il s’agirait de joindre l’utile à l’agréable collectivement.

Dans Le Quotidien du 7 février 2019, M. Raynald Simard dévoilait : « Du côté de La Baie, Saguenay a déjà annoncé au comité Patrimoine Saint-Édouard que la Ville pourrait fournir 6 M $ dans le budget total d’environ 17 M $ de sauvegarde de l’église Saint-Édouard et de sa transformation en bibliothèque ». Ce faisant, il livrait la conclusion d’une étude à trois volets sur la faisabilité de ces deux projets en un, c’est-à-dire que le bilan de santé du bâtiment de l’église Saint-Édouard est bon et a le potentiel d’accueillir la bibliothèque de La Baie.

Reine Tremblay

La Baie

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LE VOILE INSTRUMENTALISÉ

Mardi matin, le 16 avril, quel plaisir de lire un article portant sur une conférence prononcée par Mme Diane Guilbault, représentante d’un groupe organisé pour la défense des femmes du Québec, qui ose se prononcer en faveur du projet de loi 21, faisant fi de toutes les demi-vérités pour ne pas dire des non-vérités véhiculées une autre fois en fin de semaine dernière lors d’une manifestation organisée encore par l’imam Adil Charkaoui, ce grand féru de la liberté des femmes.

Non, M. Charkaoui, les femmes musulmanes portant le voile ne devront pas renier leur foi pour travailler dans la fonction publique, incluant l’enseignement aux niveaux primaire et secondaire. Comme tous les fonctionnaires, hommes ou femmes, sans exception, elles devront s’abstenir de porter tout signe religieux sur leur lieu de travail. Dans ce cas, c’est tout voile, gris, noir ou coloré. De plus, le voile, qu’il soit partiel ou intégral, constitue une discrimination inacceptable entre les hommes et les femmes. Si M. Charkaoui n’est pas d’accord avec cela, qu’il en mette un sur sa tête, un voile.

Je me souviens du temps où toutes les religieuses catholiques portaient le voile, la cornette ou tout autre accoutrement bizarre. On en donnait alors les mêmes raisons que pour les divers voiles musulmans : les femmes doivent être prudes et chastes. Elles ne doivent pas s’exposer à la concupiscence des hommes. Cachez ce corps ! C’était au siècle dernier.

Gabriel Dallaire

Chicoutimi