Le parti des Québécois

OPINION / L’erreur du Parti québécois, c’est de s’être enlisé dans le sillon de l’héritage politique de Lucien Bouchard. Parce que c’est lui qui a imposé la question ambiguë et embrouillée à souhait de 1995. Je vous la résume :

Acceptez-vous que le Québec devienne souverain dans l’éventualité d’un éventuel partenariat qui pourrait éventuellement être accepté par l’éventuel partenaire, ce qui nous permettrait éventuellement de faire une éventuelle souveraineté ? 

(NDLR: La vraie question était la suivante: « Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l’avenir du Québec et de l’entente signée le 12 juin 1995 ? »)

Cette question, on a laissé les fédéralistes la poser. Tant qu’à vouloir noyer le poisson, c’était difficile de faire mieux. Contrairement à cette stratégie de Lucien Bouchard, les vrais indépendantistes à la suite de Jacques Parizeau, indépendantiste sincère, auraient aimé poser la seule vraie question : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays », oui ou non ?

À une question claire, nous aurions probablement pu obtenir une vraie réponse et en accepter la décision de la population. Mais avec ce genre de question qui n’était rien d’autre qu’un amuse-gueule d’avocats, qui aurait permis d’étirer le dossier en allant plaider la validité de la question pendant des décennies devant la cour de La Haye, on était dans le brouillard.

Le soir de ce référendum, Lucien Bouchard s’est empressé de lancer la serviette et de mettre le mouvement à reculons même si la moitié de la population du Québec venait de dire non au Canada et qu’il aurait fallu commencer de vraies négociations et continuer le combat. On connaît la suite.

Si le Parti québécois veut renaître de ses cendres, il devra s’affranchir de cette stratégie « Bouchardesque », se réunir autour de la vraie question, de la défendre et de la proposer en campagne électorale, et avoir le courage de se faire élire sur cette question. Une fois cette étape franchie, il sera possible de passer à la seconde, soit celle d’un dernier référendum, mais cette fois avec une question franche et honnête.

Fernand Turbide

Saguenay

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PÊCHE BLANCHE ET PARTAGE, UN QUESTIONNEMENT

OPINION / Dame Nature semble en avance cette saison, et les médias locaux ont mis en ligne photos et reportages sur ces mordus de la pêche blanche à La Baie, qui ont attendu avec impatience pendant quelques jours à l’extérieur la possibilité d’avoir le choix d’un site privilégié afin d‘y installer leurs pénates.

Rien de mal à cela, vous me direz, et vous auriez parfaitement raison, cependant, où se trouve alors cet esprit sportif de partage et de fraternité pour tous lorsque le but premier recherché est d’obtenir en priorité un site des plus avantageux, au détriment de tous les autres, et ainsi, d’avoir les meilleures chances possibles d’accumuler rapidement et sans effort leur quota de poissons préférés ?

Ne serait-il pas possible et plus équitable de procéder à cette attribution de secteurs de pêche par un tirage au sort où tout un chacun aurait une chance égale de pouvoir partager ce « privilège » ?

P.G. Girard

Saguenay