Le meilleur scénario

OPINION / Pourquoi une proposition intégrée d’un centre multifonctionnel ?

L’appellation de centre multifonctionnel représente clairement l’apport des différents groupes et clarifie la diversité des vocations en évitant toute confusion. Les gouvernements préfèrent investir dans des infrastructures qui répondent à plusieurs vocations : culturelle, sportive et communautaire. Les programmes de financement sont généreux à cet égard, évitant la multiplication d’infrastructures et le poids de leurs opérations.

D’abord, il faut savoir que chaque arrondissement a identifié les travaux à réaliser sur son territoire pour les trois prochaines années dans le plan triennal d’immobilisations (PTI) voté par le conseil. L’arrondissement de Jonquière a choisi comme principaux projets le centre multisport de 22,4 M$, l’aménagement du parc de la Rivière-aux-Sables de 10,7 M$ et la rénovation du Palais des sports pour 3 M$. Pour Chicoutimi, c’est la zone ferroviaire, incluant l’autogare à 30 M$, le pavillon de l’Agriculture de 4,3 M$ – montant déjà prévu en 2017 et reporté en 2019 – et l’entretien du centre Georges-Vézina pour 3 M$. À La Baie, il reste un projet de 17 M$ à identifier. Un partage des investissements est planifié dans un souci d’équité.

L’arrondissement de Chicoutimi a décidé de tenir une consultation pour sa zone ferroviaire. Des études de sols ont confirmé qu’après décontamination, le terrain pouvait accueillir une infrastructure et le rapport cartographique du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques indique qu’il ne s’agit pas d’une zone inondable.

Donc, pour la consultation, la table était mise, ou plutôt la page était blanche. Avant même d’écrire une ligne, deux éléments étaient incontournables : l’autogare est en fin de vie utile et le site de la zone ferroviaire est à aménager.

Comme citoyen, cette question s’imposait : avons-nous les moyens de développer un nouvel aménagement ?

En s’inspirant de la grille d’analyse en développement durable de la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), la participation des parties prenantes et de citoyens était la clé pour débuter la réflexion et identifier les besoins – ce que nous avons fait. Il fallait avant tout identifier ce qui était essentiel et nécessaire pour répondre aux besoins de la population.

Pour réaliser ces travaux, notre analyse se voulait globale avec tous les coûts, sans surprise pour les citoyens. Nous avons tenu compte des coûts de décontamination, de relocalisation des organismes et de l’ensemble des infrastructures touchées. Nous avons également évalué les coûts d’opération essentiels à une bonne évaluation. Nos informations sont tirées de sources identifiées dans notre mémoire.

Après déduction des subventions et du montant déjà planifié, trois propositions ont été analysées et évaluées.

1- Maintenir nos infrastructures actuelles. Décontamination, autogare (500 places), rénovation du centre Georges-Vézina, relocalisation et mise à jour du pavillon de l’Agriculture, sans halles et sans aménagement de la zone ferroviaire. Ce scénario dépasse de 6,3 M$ le montant prévu au PTI.

2- Rénover et améliorer les services actuels. Décontamination, autogare (700 places), centre Georges-Vézina avec une plus-value, relocalisation des organismes, pavillon de l’Agriculture et aménagement de la zone ferroviaire incluant les halles de 12 M$ – la Place des citoyens a coûté 9 M$. Ce scénario dépasse de 25 M$ le montant prévu au PTI.

3- Remplacer, mettre à jour le centre Georges-Vézina (patinage de vitesse et artistique) et convertir le pavillon de l’Agriculture en site d’entreposage pour la machinerie de la ville. On déplace les activités sportives du pavillon de l’Agriculture (fermeture de la glace) et du centre Georges-Vézina dans un centre multifonctionnel sur la zone ferroviaire qui pourra offrir aussi de nouveaux services culturels et récréotouristiques. Conditionnel à l’obtention des subventions, ce scénario de remplacement ne dépasse pas les montants prévus au PTI.

Ce scénario est admissible aux programmes gouvernementaux dont l’entente prévoit le financement des infrastructures municipales majeures, collectives, communautaires, récréatives et culturelles jusqu’à 70 % des coûts admissibles. Le premier ministre François Legault s’est d’ailleurs engagé à soutenir les régions.

Selon moi, une ville, c’est un peu comme une grande entreprise d’économie sociale. Elle doit tenir compte des enjeux financiers et de sa rentabilité sociale pour améliorer la qualité de vie de ses citoyens et continuer à offrir des services de qualité. On m’a dit récemment que le meilleur scénario de compromis n’est pas parfait pour tout le monde, mais est le meilleur pour tout le monde.

Bonne réflexion !

Joan Simard

Chicoutimi