Le Lenoir qui me touche

OPINION / Tenez, voici des observations faites de ma part à la suite du spectacle qu’a donné Hubert Lenoir à la place D’Youville, le 11 juillet, dans le cadre du Festival d’été de Québec.

Le chanteur de 23 ans est arrivé sur scène avec une bouteille de vin à la main, comme le faisait Jim Morrison. Et une veste en jeans trop grande pour lui, le torse nu, tel un Mick Jagger. Il s’est déhanché de façon suggestive, comme l’a fait à ses débuts Elvis Presley. Il a assené un coup de pied à son micro devant lui, comme l’a déjà fait Robert Charlebois dans les années 70.

Avec son look androgyne, comme celui qu’arborait le chanteur Prince, il a fini par chanter ses chansons, puisque c’est un auteur-compositeur de talent avant tout. Faudrait tout même pas passer outre ce détail important.

Parce qu’au-delà du personnage qu’il s’est créé, de son style flyé de jeune écorché vif, Hubert Lenoir possède une superbe plume de parolier, en plus d’être un interprète doué.

Et moi, ce sont ces derniers aspects de Lenoir qui m’interpellent. Le reste – son côté délinquant, son maquillage et ses ongles vernis –, c’est de la frime à mes yeux. Ça sent l’emprunt et le déjà-vu.

Par contre, quand Hubert Lenoir entonne ses chansons, je me laisse transporter par l’âme du poète en lui, par sa grâce désenchantée et par son ingéniosité musicale. Et ça, c’est beau, et c’est lumineux.

Voilà le Lenoir qui me touche et qui m’emmène ailleurs. Voilà le Lenoir qui ira grandissant !

Yvan Giguère

Saguenay