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Le jour où nous n’avons rien fait

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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Ce texte a été écrit par Mégan Tremblay dans le cadre de son cours de philosophie au Collège d’Alma

Les problèmes dans les résidences pour aînés ne datent pas d’hier. Depuis leur création, ce sont des endroits où nous allons « stationner » nos personnes âgées en attente de la mort. Avec la réforme Barrette de 2015, les employés se retrouvent enterrés sous une surcharge de travail. Débordés, ces anges gardiens ont inévitablement moins de temps à consacrer à chaque bénéficiaire. Les années passent et les gouvernements se lancent la balle de l’un à l’autre tout en évitant de prendre leurs responsabilités. Un bain par semaine, voire moins, des patates en poudre, des soins dentaires déficients sont tous des sujets que l’on a vu passer dans l’actualité, mais qu’on a préféré balayer sous le tapis. Comme si vieillir était tabou.

Depuis des années, nous étions à une mauvaise décision de la catastrophe et, comme on dit, qui joue avec le feu finit par s’y brûler…

Le 13 mars 2020, le fragile équilibre sur lequel tenaient les CHSLD s’est effondré. Le 13 mars 2020, c’est le jour où on a voulu épargner nos hôpitaux, mais où on a sacrifié nos résidences pour aînés. C’est le jour où on a oublié nos doyens. C’est le jour où le Québec n’a rien fait pour ceux qui l’ont porté à bout de bras.

Au début de cette crise planétaire, nous n’avions aucune préoccupation pour nos aînés, c’est totalement inconcevable ! Nous nous consolions des bilans quotidiens en nous disant que la majorité des victimes étaient des résidents de CHSLD. C’est gênant, c’est comme si ça nous arrangeait de faire le ménage dans ces édifices. Il a fallu attendre la crise au CHSLD Herron avant de comprendre l’ampleur du désordre. Il a fallu attendre que la bombe nous explose dans les mains. Les employées, principalement des femmes, ont raconté qu’elles avaient été privées de ressources afin d’offrir de bons soins à leurs patients. Cette situation aurait mené directement à la mort de 31 des 150 résidents. Malheureusement, cette situation n’est pas unique à cette institution et elle risque de se reproduire si nous ne faisons rien.

Alors, pourquoi ne pas s’inspirer des communautés autochtones et vénérer nos aînés ? Pourquoi ne pas leur offrir une belle fin de vie entourée des gens qui leur sont chers ? Nos parents et grands-parents ont pris soin de nous tout au long de notre vie, c’est à notre tour de nous occuper d’eux. Même si le gouvernement annonce la construction de Maisons des aînés, la situation ne changera pas si nous les utilisons pour nous débarrasser de nos personnes âgées. Il devrait, à la place, augmenter les subventions aux proches aidants et encourager les gens dans la construction de maisons bigénérationnelles. Après tout, il ne faut pas oublier que nous serons les aînés de demain. Investissons donc afin de nous créer un bel avenir.