Le garde-à-vous pour la statue de la Liberté

OPINION / J’ai vu dernièrement sur le web, en faisant une recherche sur les États-Unis, une photo de la statue de la Liberté représentée avec une mitraillette à la main tenue bien haut, au lieu de son flambeau, et des centaines d’avions militaires survolant le ciel au-dessus d’elle. Eh bien, je me suis dit, to de go, qu’il était parfois vrai qu’une image vaut mille mots.

Le Congrès américain n’a-t-il pas adopté 700 milliards en dépenses miliaires pour 2018 ?

Et lors du discours sur l’état de l’Union le 30 janvier, Donald Trump a rappelé qu’il était primordial que son pays continue à consacrer une grande part de son budget à l’armement et en particulier celui dit nucléaire. Il faut montrer au reste du monde que le pays de l’Oncle Sam est intouchable, a-t-il dit, et immunisé contre toute éventuelle attaque. Il faut agir en mode dissuasion. Trump pensait sûrement à la Corée du Nord.

Qui plus est, le 26 février, Trump annonçait une enveloppe supplémentaire de 54 milliards au budget de la Défense américaine. Une hausse historique, rien de moins. On peut se demander quand cela va s’arrêter. Juste le programme de développement de l’avion de chasse américaine F-35, malgré ses ratés et ses lacunes, a coûté jusqu’à présent quelque 400 milliards. On se demande bien où Trump trouvera ces milliards pour construire son fameux mur à la frontière mexicaine.

Cette surenchère à l’armement à laquelle se livrent les États-Unis n’a rien de nouveau, mais elle demeure toujours tout aussi inquiétante aujourd’hui. Et une grande part de cette inquiétude vient du président lui-même, qui déclarait dernièrement qu’il n’hésiterait pas à user de son arsenal nucléaire si besoin était. Mais le problème, c’est qu’on ne sait jamais quand on doit prendre aux mots, ou au sérieux, cet incroyable Trump.

En attendant, la fameuse statue de New York n’a qu’à bien se tenir et à rester au garde-à-vous, avec sa soi-disant notion de liberté.

Yvan Giguère

Saguenay

Semences traitées aux insecticides

OPINION / La principale étude scientifique réalisée en sol québécois sur la question des semences traitées aux néonicotinoïdes, commandée par le ministère de l’Agriculture, a mené à la création d’un outil devant contribuer à la prise de décision des producteurs dans l’utilisation, ou non, de ces produits. Or, les producteurs de grains qui ont testé les alternatives suggérées par l’utilisation de cet outil en sont arrivés à des conclusions significativement différentes et coûteuses. C’est pour ces raisons, entre autres, que nous avons toujours affirmé que les bases scientifiques de la nouvelle réglementation sur les pesticides étaient contestables.

Cela étant dit, il a toujours été clair que, si des alternatives économiquement et écologiquement avantageuses étaient disponibles, les producteurs de grains les adopteraient, comme ils ont su le faire par le passé pour les connaissances nouvelles, lorsqu’ils sont appuyés par des activités de transfert et des services-conseils de qualité.

Aujourd’hui, nous souhaitons affirmer notre désir d’œuvrer constructivement pour le développement durable du secteur des grains en participant, conjointement avec le gouvernement du Québec, à une première étude québécoise élargie sur les semences traitées aux insecticides. L’étude envisagée serait financée conjointement, réalisée de manière indépendante et ses résultats rendus publics. C’est donc une invitation lancée au gouvernement du Québec.

Christian Overbeek, président

Producteurs de grains du Québec

Une hausse de taxes pour le G7 ?

OPINION / Le président du comité des finances de Saguenay, Michel Potvin, soulève une hausse possible de taxes en 2019, de l’ordre de 1 %, si Ottawa devait ne pas rembourser la facture supplémentaire attribuée au corps policier municipal pendant le sommet du G7. M. Potvin allègue qu’il est toujours difficile de se faire rembourser pareils éléments compte tenu de « l’ultra-complexité » des règles et des clauses qui n’en finissent plus de la part du fédéral. Nous sommes à près de 10 mois du prochain budget municipal. Au lieu de soulever déjà trop hâtivement le pire des scénarios, pourquoi M. Potvin n’avance-t-il pas qu’il va plutôt faire appel à des gens en mesure de décortiquer les règles qu’il qualifie d’ultra-complexes et débuter par la suite les échanges avec Ottawa ? Pourquoi n’envisage-t-il pas aussi, en parallèle, d’amorcer un exercice pour identifier les coupes susceptibles de contribuer à l’équilibre du budget ? 

Si les règles de remboursement du gouvernement fédéral s’avèrent trop complexes, ce n’est certainement pas en privilégiant à l’inverse des solutions trop faciles comme annoncer une hausse possible de taxes qu’il faut se diriger pour remédier à la situation. Nous avons déjà accepté pour 2018 une hausse de taxes plus élevée qu’annoncée pendant les élections; il ne faut surtout pas que ça devienne le seul mode envisageable pour l’avenir. La population locale attend beaucoup de la nouvelle administration municipale ; surtout plus de rigueur et de créativité. 

Yvon Riopel

Saguenay