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Le fil d’Ariane de Rio Tinto et la fuite d’un conduit

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Le Quotidien
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OPINION / Le 10 septembre 2020, Jean-Sébastien Jacques, PDG de Rio Tinto, démissionne avec deux autres hauts dirigeants à la suite du dynamitage, en mai 2020, d’un site ancien aborigène en Australie, soit la grotte Juukan Gorge. Pourtant, la destruction du site avait été approuvée par le gouvernement de l’État en 2013.

Par Jean-Yves Langevin, Chicoutimi

Voilà que le 2 mars 2021, c’est au tour de Simon Thompson, président du conseil d’administration de Rio Tinto, de démissionner à la suite de la destruction de la grotte de Juukan et à la pression des investisseurs et de la communauté. M. Thompson qualifie cette destruction de « source de tristesse personnelle et de profond regret, ainsi que de violation flagrante des valeurs de notre entreprise ».

Qu’en est-il de Megan Clark, responsable du développement durable au conseil d’administration de Rio Tinto et interpellée par le Comité de citoyens pour un Vaudreuil durable, en regard de la destruction de 50 000 arbres du boisé Panoramique et de l’érection d’un crassier toxique d’une hauteur de cent pieds et potentiellement hasardeux dans une zone à risque de mouvement de sol, selon la carte des zones de contraintes relatives aux glissements de terrain de Saguenay (24 mars 2017). De plus, c’est un site où il y a une dénivellation importante vers la rivière Saguenay. Ces risques se rajoutent aux craintes que la population du secteur Saint-Jean-Eudes a déjà exprimées quant à la présence des lacs de boues de résidus de bauxite situés en amont de ce secteur. L’intervention d’urgence dans la nuit du 11 mars 2021, nécessitant la fermeture de la rue Drake à la suite d’une fuite d’un conduit entre l’usine et les lacs de boues, a ravivé cette crainte, comme l’a mentionné le conseiller municipal Jean-Marc Crevier.

Même si la phase 2 du projet Vaudreuil dans le boisé Panoramique a été approuvée par le gouvernement du Québec en 2017, la recherche d’un site alternatif en périphérie de la ville assurerait un environnement sécuritaire pour la communauté et les générations futures et serait en accord avec les valeurs de l’entreprise énoncées dans le document de Rio Tinto intitulé Notre approche de l’entreprise.

Ce document dicte les principes directeurs et les valeurs de l’entreprise : le respect, l’intégrité, le travail d’équipe et la responsabilité.

Il y est écrit : « Dans la vie comme dans les affaires nous sommes jugés sur notre réputation et sur la manière dont nous réagissons aux défis. »

Voilà le défi pour Rio Tinto : maintenir les 1000 emplois de l’Usine Vaudreuil tout en assurant la sécurité de la communauté de Saguenay.

Dans ce même document, Rio Tinto nous dit comment faire le bon choix dans les situations difficiles.

« Face à un dilemme demandez-vous ce qui suit :

1 — Mes actions sont-elles conformes à “notre approche de l’entreprise” ?

2 — Qu’est-ce que je dirais de faire à un ami ou à un membre de ma famille ?

3 — Qu’est-ce que les autres sont susceptibles de penser de mes actions et que dirait-on à la une des journaux ?

Si vous n’êtes pas à l’aise avec une de ces questions, vous devez demander conseil avant d’agir. »

En espérant qu’ici au Saguenay, Rio Tinto soit guidée par ses principes et valeurs, et fasse la « une des journaux » avec une position rassembleuse en faveur d’un site alternatif pour le crassier de résidus de bauxite; le boisé Panoramique constituant un espace vert inestimable au coeur de la ville et déclaré zone tampon à perpétuité par le BAPE AP-50 en 2011.

Toujours à la recherche d’une solution durable pour le Projet Vaudreuil.