Simon Jolin-Barrette
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Le ferme propos du ministre Jolin-Barrette

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
OPINION / Ne comptons que sur nos propres moyens, disait Marcel Pepin, ancien président de la CSN d’heureuse mémoire. La sentence s’applique à merveille à notre problème français montréalais.

Le ferme propos du ministre Jolin-Barrette

Le ministre Jolin-Barrette, responsable de l’application de la loi 101, nous prépare quelque chose de solide pour la rentrée, à entendre ses propos. Voyons voir. J’espère qu’il fera mieux qu’avec l’immigration des étudiants internationaux. Les immigrants français du Plateau Mont-Royal pratiqueraient le bilinguisme individuel selon Denise Bombardier dans une récente édition du Journal de Montréal. Je m’en fous, le problème n’est vraiment pas là.

Le véritable problème, ce sont les Québécois de souche et d’adoption francophones montréalais aveugles et ceux qui regardent ailleurs depuis trop longtemps pour toutes sortes de raisons. Cela fait un bout de temps que le bobo est identifié et bien cerné en ce qui me concerne : le grand Montréal métropolitain éprouve l’anglais envahissant ses cégeps, ses milieux de travail, son affichage, etc. La question du bilinguisme institutionnel dans les entreprises du fédéral n’est toujours pas réglée. À celles et ceux qui rétorquent : « Plus facile à dire qu’à faire », eh bien joignez celles et ceux qui préfèrent regarder ailleurs. Vous êtes plus nuisibles que les sincères opposants à la loi 101.

Un bon débridement de la plaie linguistique montréalaise, suivi d’une vigilante surveillance pour éviter la gangrène, est le remède tout indiqué en attendant la libération. Tant que le Québec restera une province parmi les autres, notre principal point identitaire, la langue française, va poursuivre son effritement jusqu’au statut de dialecte folklo-touristique régional, sans prestige social et culturel.

Pour le moment et parce que ce gouvernement peut changer à la faveur d’un nouveau « deal » inspiré par le bouleversement des valeurs en cette ère étrange, il m’apparaît de bon ton de donner une chance réelle à notre gouvernement pour qu’il entreprenne le sauvetage de ce qui nous distingue, Québécois, à travers le monde.

Notre situation est unique de par notre acharnement à vouloir rester debout. En attendant la libération, mangeons du merle, faute de grive.

Marcel Lapointe

Jonquière