Le droit de s’habiller en député

OPINION / Le droit de s’habiller comme on veut pour exprimer sa personnalité ne donne pas le droit de manquer de respect aux institutions. La députée de Québec solidaire Catherine Dorion par son manque de rigueur vestimentaire, manque de respect au décorum requis au Parlement.

Sans aller dans les extrêmes, elle devrait s’attarder aux messages qu’elle véhicule par sa tenue vestimentaire. Ainsi, une camisole ne sera pas déplacée si elle s’accompagne d’une blouse, d’un blazer ou d’un cardigan qui lui apporterait ainsi un caractère sérieux et respectable. La députée de Québec solidaire agit comme une adolescente qui revendique son droit de s’exprimer ; elle oublie qu’en devenant députée, elle est devenue une personne que l’on respecte par son statut politique. Sa liberté de s’exprimer, elle peut la traduire par les mots, elle n’a plus besoin de se conduire comme une gamine qui doit se faire remarquer par une tenue vestimentaire inadéquate.

De plus, je suis convaincue qu’elle ignore, dans son besoin d’affirmation vestimentaire, la symbolique que certains vêtements ont acquise au cours des dernières décennies. Notamment, le Dr Martens, porté par les Skinheads, prend toute une symbolique avec la couleur de lacet. Ainsi, un lacet blanc marque une certaine neutralité alors que le vert fait référence au punk écologiste et si l’on pousse un peu, on découvre que les lacets rouges renvoient ni plus ni moins aux néonazis. Notre jeune députée vient du coup de passer un message sans même le savoir, juste parce qu’elle tient à son identité vestimentaire. Mais était-elle aussi naïve que cela ?

Toutefois, il faut garder en tête que le respect attire le respect et si, par ses vêtements, la députée de Québec solidaire souhaite que l’on respecte sa personnalité, elle vient de recevoir une petite leçon puisque le citoyen moyen ne lui accorde plus la crédibilité due à une députée élue démocratiquement. Et cela compte tenu de son manque de jugement, et ici, l’âge et l’inexpérience n’excuse rien.

Annie Bonneau

Roberval

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LES PENDULES À L'HEURE

Mardi dernier, le 4 décembre, l’association étudiante du Cégep de Saint-Félicien, les chambres de commerce et d’industrie de Roberval et de Saint-Félicien et moi-même organisions le débat électoral auquel Nancy Guillemette ne s’est pas présentée, prétextant un conflit d’horaire. Et voilà que sur Twitter, la candidate de la Coalition Avenir Québec accuse ouvertement les organisateurs de manquer de respect parce que sa chaise fut laissée vide.

À 22 ans, je suis bien impliqué dans ma communauté et mes concitoyens me connaissent. Mon implication politique m’inspire, mais la façon d’agir de la CAQ m’a profondément désolée. C’est pour faire connaître la vérité et lutter contre le cynisme politique que j’écris aujourd’hui ces quelques lignes.

Tout d’abord, la CAQ a dit qu’elle ne souhaitait pas que ses candidats participent à des rencontres où les citoyens ont le droit de parole. Le débat organisé au Cégep de Saint-Félicien était le seul moment offert aux citoyens pour s’adresser directement aux candidats et leur poser des questions. Or, la CAQ a dit ne pas se présenter si les citoyens avaient le droit de la questionner. Mais quelle vision la CAQ a-t-elle de la démocratie ?

Ensuite, Mme Guillemette sera bien venue visiter le Cégep durant sa campagne, mais n’aura toutefois que serré les mains de la direction, sans rencontrer aucun étudiant. Alors que M. Legault disait que l’éducation est sa priorité, il en va d’un choix pour le moins incohérent.

De plus, dans un tweet en réponse au Parti québécois lui reprochant son refus de débattre, la caquiste se défendait, d’une part, par sa présence déjà à deux débats, et d’autre part en reprochant un manque de respect de la part des organisateurs dû à sa chaise laissée vide. Qui a vraiment manqué de respect ici ? Dans le même tweet, Nancy Guillemette dit que sa priorité était de rencontrer les citoyens. Doit-on comprendre que les étudiants n’en sont pas ?

Nous croyons que les véritables perdants dans cette histoire sont les électeurs, pris pour acquis par la CAQ dans cette partielle.

Que la CAQ refuse de participer à cet exercice fondamental en démocratie, ça me lève le cœur. En démocratie, le peuple a le droit de parole. Nous avons fait le choix de laisser la parole aux citoyens de la circonscription durant notre débat. La conséquence fut que le débat s’est déroulé sans la CAQ.

Serait-ce devenu la tactique de la CAQ de faire vivre un maximum d’insolence et d’effronterie à ceux et celles qui sont à contre-courant de leur conservatisme idéologique borné, afin de les dissuader de s’impliquer en politique ?

Félix Valiquette

Saint-Félicien