Si on ne peut reprocher à la première ministre de bouder la région, la presse régionale est cependant restée sur sa faim lors des deux dernières visites de Pauline Marois

Le devoir d'informer

La première ministre du Québec revient dans la région aujourd'hui pour inaugurer la nouvelle usine AP60 de Rio Tinto Alcan. Sa dernière visite au Saguenay-Lac-St-Jean remonte au 21 et 22 novembre dernier où elle avait fait une brève figuration au Sommet sur la forêt tenu à Saint-Félicien. Mme Marois a lancé ce sommet devant les participants mais ne s'est pas adressé aux journalistes avant de quitter. Deux mois auparavant, la chef du gouvernement a passé deux jours dans notre région pour y annoncer, à Dolbeau-Mistassini, la tenue de ce même sommet et accorder quelques subventions au Saguenay, sans répondre non plus aux questions générales de la presse en dehors des activités médiatiques préparées à l'avance par son cabinet, organisées au quart de tour.
Si on ne peut reprocher à la première ministre de bouder la région, la presse régionale est cependant restée sur sa faim lors des deux dernières visites de Pauline Marois et ce comportement tranche avec les visites des premiers ministres du Québec qui l'ont précédée. La presse régionale, qui a le devoir d'informer la population du Saguenay-Lac-St-Jean, a droit au même traitement que les journalistes de la Colline parlementaire ou de la métropole. La première ministre, qui se fait une fierté d'habiter la belle région de Charlevoix, est imputable devant tous les Québécois et les dossiers nationaux et régionaux doivent être abordés librement par la presse quand elle se déplace en dehors de la capitale et de Montréal. Il en est de même pour le premier ministre du Canada, Stephen Harper, qui a malheureusement réussi à établir ce genre de tournée aseptisée, bannissant les «scrums» avec la presse et évitant généralement toute question en dehors de son plan de match. Il ne faudrait pas que cette attitude devant la presse régionale devienne un modèle pour notre première ministre.
J'espère au nom de tous mes collègues qu'elle demandera cette fois à son attachée politique de lui réserver quelques moments avec les journalistes de la région qui pourraient avoir des questions à lui poser en dehors de cette inauguration de l'aluminerie pilote. Les demandes de tarifs réduits pour les alumineries ou l'avenir des installations de Jonquière en regard des engagements pris par RTA envers le gouvernement. Si elle n'a pas toutes les réponses à nos questions, encore faudrait-il qu'elle prenne le temps de les entendre. L'information en sortira gagnante.
Michel Gaudreau
Président de la section régionale de la
Fédération des journalistes du Québec (FPJQ)