Le défi, poser un geste

OPINIONS / Suite au texte paru dans le Carrefour du lecteur de mercredi dernier sur le projet de développement durable, des amis m'ont fait remarquer que le texte était trop théorique.
Pour que le projet devienne opérationnel, il me faut préciser qu'on pratique le développement durable lorsqu'on utilise les ressources à notre disposition en se souciant des générations futures.
Autrement dit, quand on cherche à éviter de compromettre les possibilités de nos enfants et petits-enfants de répondre à leurs propres besoins.
Nous, qui vivons dans l'abondance, consommons les ressources de la Terre avec une rapidité telle que sa capacité de récupération ne peut suivre. Jadis, nos ancêtres accompagnaient la nature; maintenant que nous la maîtrisons davantage, nous en abusons pour satisfaire nos besoins de consommation. Il s'en suit une pollution par les moyens de transport, les fumées de l'industrie, les dépôts de substances qui contribuent à l'acidification du sol et de l'eau, l'utilisation d'insecticides, de fongicides, de désherbants et autres produits toxiques à l'environnement. Il nous faut comprendre que tout est lié, que tout geste a des conséquences et que la dégradation du climat, de l'eau et de la terre se répercute sur la vie humaine et particulièrement sur les plus vulnérables. Intégrer ces vérités rend stimulante la pratique du développement durable.
De telles prises de conscience sont dérangeantes, elles obligent à faire des choix dans la consommation, à pratiquer la modération... Par contre, si elles motivent à apporter sa contribution pour diminuer la dégradation de la planète et combattre les inégalités sociales et la perte de la biodiversité, elles rendent plus humain, moins marionnette, plus responsable. Elles offrent des buts à l'existence et lui donnent de la saveur. La question à se poser est la suivante: que pourrais-je faire aujourd'hui, demain, après-demain, progressivement, pour limiter au maximum l'utilisation des ressources non renouvelables, en modérer la consommation, maximiser l'efficacité de leur exploitation, les réutiliser et les recycler? Tous réunis, chaque petit geste fait une différence. Par exemple, éviter l'usage de matière plastique, réduire sa consommation d'eau, trier ses déchets, acheter localement, cuisiner seulement ce qu'on peut raisonnablement manger, traiter avec attention les autres êtres vivants, éteindre des lumières inutiles, s'habiller plus ou faire un peu d'exercice au lieu de monter le chauffage, partager avec les plus démunis, dénoncer les injustices... Bref, intégrer et partager ses convictions et ses sentiments sur la préservation de l'environnement et passer à l'action. Pour 2017, quel sera mon projet personnel pour la construction d'un monde plus harmonieux et plus durable?
Robert Gaudin
Falardeau