Le début d'un temps nouveau

OPINIONS / Suis-je la seule à commencer à me réveiller de ce qui s’est passé le dimanche 5 novembre 2017 à Montréal, métropole de notre « beau pays ».

Il y a un « avant Valérie » et un « après Valérie » comme on dit encore, un avant J.C. et un après J.C. en exagérant.

Valérie pourrait être ma fille. Elle a 43 ans. Ce n’est pas son âge. Pensons à Macron, en France, ici au Canada, à Trudeau, à Sheers, chef des conservateurs.

Je ne suis pas féministe. Les femmes en général m’ont souvent heurtée, blessée. On ne se ménage pas entre femmes ; on, excluant la personne qui parle.

Aussi, c’est d’une oreille complètement détachée que j’ai suivi les dernières élections à la ville de Montréal, avec la candidate inconnue de ce côté-ci du parc des Laurentides, Valérie Plante, contre l’immense et le notoire Denis Coderre, étant prise par nos élections, ici, à Saguenay. Je n’ai même pas attendu les résultats qui ont donné rapidement la victoire à Projet Montréal.

En fait, je l’ai appris, comme tout le monde, avant 20 h 30 (leur système marchait, eux, à Montréal) sauf que, ça ne me rentrait pas dans la tête. Me suis couchée tôt, ai très mal dormi, quelque chose ne tournait pas rond, ne savais pas pourquoi.

Même scénario le lendemain, le surlendemain. 

Valérie a de son côté, me suis-je dit en me levant ce matin, deux points : la tradition et son époque.

La tradition. Nous venons tous, surtout toutes, autant que nous sommes, du régime matriarcal de nos mères et de nos grands-mères. Elles en menaient large, tant au municipal qu’au scolaire, accroupies devant le fourneau brûlant de leur poêle à bois (qu’on appelle « cuisinière » aujourd’hui, sais pas pourquoi…..) ou debout, devant le tordeur de leur laveuse à linge, en plein cœur de la cuisine.

L’époque. Les filles restent plus longtemps aux études, nous dit-on. Elles sont plus nombreuses dans les cégeps et les facultés universitaires. De mon temps, les cours classiques, qui menaient aux études universitaires, ne se prenaient que dans les séminaires, à part quelques très rares exceptions, menés par des clercs, qui n’étaient fréquentés que par le sexe « fort ».

Cela n’explique pas tout. Je n’ai pas cette prétention. Je reconnais son assurance, son aisance, son style décontracté. À suivre, Valérie et toutes et tous les autres. 

« C’est le début d’un temps nouveau…. » qu’on chantait à mon époque quand j’avais 20 ans.

Pauline Germain,

Chicoutimi

Il est permis d’espérer !

Si le ministre des Finances Carlos Leitao avait annoncé une augmentation salariale spectaculaire de plus de 3000 $ par an pour la vaste majorité des Québécois, la nouvelle aurait « tué la une ». Pourtant, c’est ce à quoi ressemblera l’augmentation des rentes du Régime de rentes du Québec (RRQ) annoncée la semaine dernière ! 

C’est une nouvelle qui mérite d’être soulignée et surtout d’être bien comprise par la population. Car elle aura un impact majeur sur le portefeuille et la qualité de vie à la retraite de la grande majorité des Québécois et Québécoises. Rappelons que 60 % des futures personnes retraitées n’ont pas d’autre retraite que le régime de retraite public (RRQ) et leur épargne personnelle, trop souvent faméliques. 

Il y a huit ans, nous avions lancé une campagne pour une amélioration substantielle du RRQ. Une centaine de groupes, incluant les associations étudiantes et des groupes de jeunes, y avait adhéré, en particulier parce qu’elle respectait le principe d’équité intergénérationnelle. En effet, nous proposions la création d’une deuxième caisse pleinement capitalisée à l’intérieur du RRQ : il faut avoir contribué dans cette nouvelle caisse pour bénéficier de l’augmentation des rentes, lesquelles ne seront plus financées par les plus jeunes au bénéfice des plus vieux. 

Or, c’est exactement la solution retenue par le ministre Leitao. C’est un changement important qui vient garantir la pérennité d’un régime public absolument crucial pour la dignité de nos concitoyens à l’âge de la retraite. 

Le gouvernement Couillard ne nous avait pas habitués à une telle écoute ! Nous remercions le ministre Leitao d’avoir écouté le message des Québécois et Québécoises qui, dans un sondage Léger, se sont prononcés à 88 % en faveur d’un RRQ équivalent au Régime de pensions du Canada (RPC).

Pour tenir compte des capacités financières des employeurs et des employés, la hausse des cotisations se fera de façon graduelle sur sept ans. À terme, avec cette hausse de cotisation, les rentes versées par le RRQ auront augmenté d’entre 30 et 50 %. 

Cela représente, par exemple, une rente annuelle de 13 320 $ plutôt que de 10 000 $ pour une personne salariée gagnant 40 000 $ aujourd’hui. Tous ceux et celles qui contribuent au RRQ à compter de janvier 2019 auront droit à une augmentation à partir de 2026. 

Il s’agit donc d’une mesure concrète pour enrayer, dans le futur, le taux de pauvreté consternant parmi les personnes retraitées du Québec. 

Ce dénouement vient confirmer, si besoin était, que notre filet de sécurité sociale est le résultat d’une mobilisation constante des forces vives de la société civile. C’est dans cet état d’esprit que nous faisons campagne pour l’augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure. Il est permis d’espérer !

Serge Cadieux,

secrétaire général FTQ