Le montant doit servir à entretenir les «chemins à double vocation», ces routes empruntées par les compagnies forestières pour aller chercher le bois, mais aussi par des chasseurs et des pêcheurs.

Le bon diagnostic

Dans une lettre publiée récemment dans cette rubrique du Quotidien, le président de l'Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, M. Denis Villeneuve, cherche, à mon sens, à défoncer une porte ouverte.
La grande majorité de la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et sûrement de la province, sait bien que la récolte de la forêt produit des impacts. Malgré tout, elle appuie l'exploitation forestière en sachant bien pourquoi il faut couper des arbres; ne serait-ce qu'à des fins de remplacement des vieux arbres par des plus jeunes. Particulièrement dans notre région, la première du Québec en matière d'exploitation de la forêt, l'économie est poussive à cause du nombre important d'emplois de qualité perdus dans ce créneau depuis 2006; pire depuis 2008 avec la crise. Qui n'est pas au courant qu'en excluant les deuxième et troisième transformations traditionnelles en papetière et dans les scieries, il existe un formidable potentiel économique avec le bois d'ingénierie? Chantier Chibougamau est une créature régionale (et un bon exemple).
Grâce à Richard Desjardins et son pertinent pavé dans la marre, (L'erreur boréale) suivi de la Commission Coulombe, la population a développé l'intime conviction que le développement durable de nos forêts était non seulement souhaitable, mais nécessaire. Des normes comme FSC ont suivi le mouvement pour sensibiliser la population à l'échelle planétaire. Sans cela, M. Villeneuve, vous ne pourriez pas dire, comme vous le faites pertinemment dans votre lettre, qu'un train de mesures douloureuses mais nécessaires, comme une diminution des droits de récolte de 20%, s'en est suivi. Ce n'est donc pas la population en général qu'il faut chercher à convaincre sur l'importance de récolter les arbres dans le respect des principes de développement durable, celui de la bio-diversité en étant un. Il faut raisonner les récalcitrants, telle la forestière Produits Forestiers Résolu, qui a perdu des normes FSC, ce qui met en péril un certain nombre d'emplois sur le peu qu'il reste. Il faut cesser de rendre responsables les groupes environnementalistes, l'Erreur boréale et les décisions de l'État pour les déboires de l'industrie forestière au Québec. Certains, dans leur discours contre Greenpeace, occultent trop facilement la baisse drastique de la demande de papier journal à l'échelle mondiale et la chute de la construction causée par la grande récession.
On ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs, dites-vous? Mais encore faut-il voir à ce que les oeufs, une fois cassés, ne soient pas gaspillés sur l'autel du tout-à-l'économie et du profit maximum. Encore faut-il, également, que l'ensemble des intervenants se mettent d'accord sur le diagnostic à poser afin de poser les bons gestes par la suite.
Marcel Lapointe
Jonquière