Le « Boxing Day » a la couenne dure

OPINION / Tous les consommateurs attendent avec frénésie le lendemain de Noël pour dénicher l’article de rêve qui sera offert avec un rabais exceptionnel, du moins c’est la croyance populaire. Cette tradition née en Grande-Bretagne se nomme « Boxing Day » en anglais.

Nos commerçants ont importé cette réalité ainsi que le nom et, depuis quelques années, offrent des rabais non seulement le 26 décembre, mais pendant les jours qui suivent.

L’expression en français pour décrire cette fête du commerce se nomme « soldes d’Après-Noël » ou « soldes du lendemain de Noël » si on parle uniquement du 26 décembre.

Plusieurs commerces utilisent dorénavant cette terminologie qui respecte la langue française et nous libère peu à peu du colonialisme de l’anglais. Cependant, il est ironique de constater que les récalcitrants sont souvent des commerces locaux ou nationaux francophones.

Est-ce par ignorance ? J’ose le penser ! Sinon, il faudrait leur prêter des mauvaises intentions.

Pierre Lincourt

Membre de l’A.S.U.L.F.

Chicoutimi

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ET NOTRE EXPERTISE LOCALE?

Le traversier F.-A. Gauthier vient tout juste d’être livré au chantier naval de la Davie où il a été placé en cale sèche aux fins d’inspection générale de sa structure, de sa mécanique et de son réseau électrique. Acquis au coût de 175 millions $ par le biais d’un appel d’offre et propriété de la Société des traversiers du Québec (STQ), ce navire cumule déjà près de 200 bris et mises au point entre le 13 juillet 2015, date de sa mise en service, et aujourd’hui.

Selon plusieurs experts, ce nouvel épisode de problèmes majeurs liés à ce navire ne serait pas étranger au fait qu’il ait été conçu et bâti par le constructeur naval italien Fincatieri, qui fait actuellement l’objet d’une enquête. Des allégations de liens avec le crime organisé, de corruption et le recours à des composantes de moindre qualité que celles prévues dans leurs appels d’offres figurent au centre de ces enquêtes. Entre autres, la société aurait utilisé de l’acier de moindre qualité pour la conception des coques de deux pétroliers qui ont vu apparaître des fissures dès leurs premiers milles marins navigués.

Selon les derniers constats, les nouveaux problèmes du F.-A. Gauthier seraient à nouveau liés à une perte de propulsion occasionnée par un mauvais fonctionnement du système de refroidissement et aux engrenages du moteur qui ne tolèreraient pas l’intensité des glaces présentes à cette hauteur du fleuve Saint-Laurent. Ce problème récurrent a été décelé dès la mise en service du navire. Pour contrer ce type de défaillance, les appels d’offres devraient tenir compte de l’expertise des chantiers navals québécois qui connaissent très bien la rigueur de nos hivers, ce qui aurait été un atout majeur si la construction de ce navire leur avait été confiée.

À ce stade, nous ne pouvons que nous réjouir que la STQ fasse appel à l’expertise du chantier de la Davie afin de cerner précisément les problèmes du traversier effectuant la liaison Matane, Baie-Comeau et Godbout. Nous espérons que les travaux de réparation leur seront confiés en regard de leur excellente feuille de route et à la suite des contrats récents réalisés, dont, entre autres, le ravitailleur Astérix.

En conclusion, nous sommes toutefois d’avis qu’il faudra impérativement que les gouvernements fédéral et provincial reconnaissent une fois pour toutes l’expertise et la grande qualité des navires qui sont construits ici afin de mettre fin aux nombreux problèmes liés aux chantiers étrangers.

Louis Bégin, président

Fédération de l’industrie manufacturière-CSN