L'auto tatouée sur le coeur

OPINION / Pendant que la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, rêve d’une ville sans voiture, ici à Québec on se targue d’être pro-autos. On lui voue presque un culte. On entend dire et on lit dans les journaux que les gens de Québec sont attachés à leurs véhicules quatre roues motrices. Attachés presque émotivement. On irait jusqu’à croire qu’ils ont leur automobile tatouée sur le cœur. Enfin, il semble qu’il en est ainsi pour une bonne partie de la population. 

Je me demande d’où peut bien venir cette propension à n’envisager le transport citoyen que par l’automobile et à avoir un rejet presque systématique du transport en commun. Pourquoi donc quitter le confort de son véhicule pour aller s’engouffrer dans un autobus aux heures de pointe pour une question du bien commun ou du bien-être écologique de sa ville ? Rien de tel que le bonheur de se retrouver seul dans son auto, à écouter les radios de Québec. Un égoïsme normal et réconfortant, voire légitime après tout, dirons certains. Le covoiturage n’a donc pas plus la cote à Québec. 

Rouler seul dans son char aux heures de pointe en plein cœur des bouchons interminables, rien de tel. Alors voilà sans doute pourquoi la question du 3e lien agace la population de Québec. En pleine course à la mairie, lequel des candidats osera le mieux parler de cette question sans risquer de perdre trop de points dans les sondages, sans trop perdre de votes le 5 novembre ? La question du 3e lien devient presque taboue. Celui qui a le plus à perdre à ce sujet est le maire sortant, Régis Labeaume. Alors vaut sans doute mieux se garder une petite gêne et s’abstenir de trop en parler. En fait, faire un enjeu du 3e lien est risqué, ni plus ni moins.

Et pendant ce temps à Paris, la mairesse sortante Anne Hidalgo, voyant venir la course à la mairie, ne cesse de vanter les mérites d’une grande ville sans voiture. Elle en parle avec conviction, réalisme et courage. Bien qu’elle sache qu’une grande partie des Parisiens n’en ont rien à cirer de vivre dans une ville écologique où il faut laisser de côté son auto, elle continue sa croisade. Elle persiste et signe, pendant qu’ici au Québec on est plutôt avare sur le sujet, surtout dans notre merveilleuse capitale nationale.

Yvan Giguère

Saguenay

Le tabagisme et la marijuana

OPINION / Jeudi 19 et vendredi 20, de la grande visite au Lac-Saint-Jean : le premier ministre en personne, Justin Trudeau, notre grande vedette, et la population y est invitée. Imaginez l’opportunité pour le Saguenay et le Lac-Saint-Jean de manifester contre le projet de loi sur la marijuana. (...)

Je ne peux comprendre que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et le premier ministre Philippe Couillard, tous deux médecins, endossent et acceptent une loi qui va à l’encontre de la santé des Québécois (es). Ce sont aussi deux irresponsables en matière de santé publique. Le tabagisme a tué 125 Canadiens chaque jour et a coûté 16,2 milliards de dollars en 2012. Et aujourd’hui, le nombre ne diminue pas. 

En 2012, on a dénombré 45 000 décès attribuables au tabagisme. Cela représente 18 % de tous les décès enregistrés au Canada cette année-là, et présentement 22 % de décès dus au tabagisme, dont 58 % des hommes et 41,5 % des femmes. Déjà, on voit de la publicité pour infirmer les jeunes sur les dangers du cannabisme. Les provinces embarquent tête première, ce qui va engendrer des dépenses à coups de millions pour encadrer cette cochonnerie. Et ce n’est pas fini ! Combien en soins de santé ? Encore là, des millions que l’on prendra dans les poches des contribuables. (...)

M. Justin Trudeau, vous tenez une promesse qui vous a aidé à remporter vos élections. Cette promesse va toutefois engendrer des problèmes dans toutes les provinces. Votre image de vedette vous va bien, admiré dans tous les pays, photo par ici, photo par là. N’empêche qu’un pays ne se dirige pas en jouant la vedette. Car diriger un pays, ce n’est pas du cinéma.

Alain Duchesne

Chicoutimi-Nord

Ne pas juste s’opposer

OPINION / M. Couillard vient de faire un autre remaniement et il fallait s’y attendre, les partis d’opposition montent aux barricades, tout comme les médias d’ailleurs, pour affirmer leur désaccord aux nominations. Les mots le disent : « partis d’opposition », donc il faut s’opposer à tout ce que propose le gouvernement en place. Rappelez-vous d’Yvon Deschamps dans Les parlementeries dire qu’il avait compris que son rôle d’opposition officielle, c’est de s’opposer. De s’opposer même à ce que son parti peut proposer.

Pendant plus de vingt ans, j’ai milité activement autant au PQ qu’au Bloc, et c’est cette facette de la politique que je détestais. 

C’est pourquoi je n’écoutais jamais les débats. J’ai même refusé de me présenter dans une élection afin de remplacer mon ami Marc-André Bédard, qui a dû se retirer pour des raisons de santé dans Chicoutimi. J’ai refusé d’aller travailler dans un milieu hostile de confrontation et aussi, de sacrifier ma petite famille pour ce poste très exigeant et ingrat.

Être plus jeune et avoir encore mon épouse à mes côtés, je tenterais, comme M. Bouchard l’a fait, de créer un nouveau parti politique au Québec qui, sans être au pouvoir, ne se comporterait pas toujours et nécessairement comme un parti d’opposition. Pourquoi ne pas reconnaître occasionnellement qu’un gouvernement peut réaliser de bonnes choses ? 

Yvon Lavoie

Granby