L’art du compromis

En cette soirée du 25 juin 2019, pendant laquelle le juge Claude Larouche de la Cour supérieure vit ses derniers moments, tant de bons souvenirs de lui surgissent dans mon esprit. Plusieurs personnes louangeront sa compétence, son intelligence et bien d’autres qualités intellectuelles et morales dont il était largement pourvu. Elles auront raison.

En tant qu’avocate, je veux rappeler l’homme simple et bon qui excellait dans l’art du compromis. Il aura pratiqué cet art jusqu’à la toute fin de sa vie pour le plus grand bonheur des juristes et des citoyens de notre région.

L’art du juge Larouche s’exprimait d’abord par sa très grande qualité d’écoute, son réel intérêt à comprendre les situations de conflit et les personnes impliquées dans celles-ci. Il faisait totalement confiance aux parties pour établir la solution qui allait convenir et il les aidait sans relâche jusqu’à ce qu’elles trouvent cette parfaite solution. Sa patience, sa sagesse, son intégrité et sa détermination accompagnaient admirablement son travail.

Le juge Larouche aura apporté à la justice bienveillance et compassion alors que les conflits juridiques sont, en général, très rudes. Il a réussi à introduire de l’humanité dans un monde où les batailles sont si difficiles. Il a été un artiste du vivre-ensemble dans notre société. Cet homme hors norme a changé les mentalités au sein du système judiciaire en pratiquant le dialogue et il l’a propulsé vers un accomplissement qu’il conviendrait de ne pas oublier.

Le bonheur est le résultat de l’action juste, disait le philosophe français André Comte Sponville. Nul doute pour moi que cette citation convient entièrement à la vie de l’honorable juge Claude Larouche.

Mes sympathies et celles de mes collègues à la famille éprouvée.

Estelle Tremblay, avocate

Saguenay

+ LA ROUTE ÉLECTORALE

La petite histoire, qui éclaire souvent la grande, veut qu’au Québec les élections se gagnent largement avec les routes. Le premier ministre Maurice Le Noblet Duplessis en a élevé la pratique au niveau de l’art… électoral.

D’autres ont suivi et, somme toute, les temps n’ont pas tellement changé. Après avoir connu un certain ralentissement avec la Commission Charbonneau, qui a levé le voile sur la dérive de nos mœurs politiques en matière d’infrastructures, les projets liés aux transports ont de nouveau repris leur place — et quelle place — dans la grande séduction électorale. Les milliards paradent… Bien sûr, on a adapté le discours au goût de l’époque.

On parle de mobilité durable, de ponts, de voies réservées, de transport collectif, de congestion métropolitaine, de tramway, de REM, d’échangeur Turcot, de 3e lien, de prolongement d’autoroutes, de ligne rose. Pourtant, des enquêtes journalistiques concluent que notre système routier est dans un état lamentable parce que, finalement, il manque de robustesse, car il n’a pas été conçu ni construit pour résister au temps. Même s’il a coûté plus cher.

Vers quelles voies de transit sont passés ces milliards ?

Laval Gagnon

Chicoutimi

+ HYDRO-QUÉBEC: COMPENSATION POUR TOUTES ET POUR TOUS

On apprenait récemment qu’Hydro-Québec allait compenser les clients de la société d’État qui ont trop payé durant quelques années pour leur électricité.

Cette indemnisation, telle qu’annoncée, est sûrement une bonne chose pour celles et ceux qui continuent à recevoir les services d’Hydro.

Je ne suis sûrement pas le seul cependant à ne plus avoir un recours direct au service électrique public puisque je vis depuis plus de deux ans dans une résidence pour personnes retraitées autonomes.

Comment alors des personnes dans ma situation vont-elles bénéficier de ce juste remboursement ?

Je crois comprendre que la solution dévoilée récemment fait l’objet de critiques pouvant à terme améliorer l’offre. Je souhaite qu’on en arrive à dédommager aussi celles et ceux qui ont trop payé sans pouvoir récupérer leur juste part dans la proposition actuelle.

Normand Breault

Montréal