L’amphithéâtre de la mairesse

OPINION / Le projet d’amphithéâtre avancé par la mairesse de Saguenay, Josée Néron, l’an dernier, a fait beaucoup réagir. Non seulement ce projet sorti de nulle part n’a jamais été dans le programme électoral, mais par surcroît, il est apparu soudainement, après études et nouvelles mesures de renforcement au centre Georges-Vézina, qui ont été publiquement rapportées comme un vif succès, assurant même la survie de l’aréna pour plusieurs décennies.

L’édition du Quotidien du 7 janvier fait état de certains propos de Mme Néron, autant au sujet de ses projets pour 2019 que de sa perception de l’opinion des citoyens quant à la hausse de taxes survenues au cours des deux dernières années. Certains de ses propos laissent d’ailleurs songeurs. Comment Mme Néron peut-elle logiquement prétendre que pareils projets, comme celui de l’amphithéâtre, peuvent contribuer à influencer le choix de destination de personnes désireuses de s’installer au Québec ? Personnellement, je ne connais personne ayant quitté la région pour s’installer à Québec uniquement en raison du Centre Vidéotron. Il me semble qu’il y a bien d’autres facteurs et enjeux à considérer pour atteindre cet objectif d’attraction : respecter une promesse de limiter la hausse de taxes à l’inflation, redonner confiance aux investisseurs pour attirer de nouveaux emplois, redonner la valeur marchande au secteur résidentiel qui peine à atteindre des ventes à la hauteur de la valeur évaluée aux fins des taxes municipales, continuer le travail entrepris consistant à remettre les infrastructures de la ville en ordre, travailler à diminuer les dépenses administratives et réduire les budgets à tous les niveaux, comme le fait le secteur privé, chercher de nouvelles sources de revenus en questionnant, sans se mettre à genoux, l’équité des taxes en provenance de la grande entreprise, etc.

Devant ces enjeux plus prioritaires, que vient faire cet amphithéâtre à ce moment-ci ? Ne devrait-on pas, comme le dit la mairesse au soutien de sa hausse de taxes, payer les pots de fleurs de 2007 avant d’engager de nouvelles dépenses ? Je ne prétends pas à l’inutilité d’un projet comme celui de l’amphithéâtre s’il vise à accroître l’offre de services récréatifs dans notre ville, mais il faut faire les bons choix, au bon moment, et penser aux contribuables qui ont des capacités limitées à subir des hausses de taxes, bon nombre d’entre eux étant des retraités dont les revenus de pension ne sont pas indexés, ou qui n’ont pas eu la chance de recevoir, comme certains, une hausse de rémunération avoisinant 60 % en deux ans…

Je ne crois pas que la majorité de la population partage les projets de la mairesse. Sous cet angle, il est sage de tenir des consultations populaires pour jauger l’opinion des citoyens. Souhaitons cependant que ces consultations soient tenues alors que toute l’information pertinente aura été préalablement diffusée afin de prendre des décisions éclairées, et surtout prévoir de façon non mesquine, comme ce fut le cas lors de la consultation des bacs bruns, des points de vote dans tous les arrondissements de la ville.

Yvon Riopel

Chicoutimi

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POUR OU CONTRE

Présentement, au Saguenay, une pétition circule sur Internet, invitant la population à la signer afin d’annuler la dernière augmentation du salaire de nos élus. Il est vrai qu’une augmentation de 20 000 dollars par année est énorme et difficile à avaler, et qu’en plus, les conseillers se votent un 10 000 $ rétroactif.

La première question que je me pose est la suivante : comment en sommes-nous arrivés là ? La seconde : cette augmentation était-elle vraiment injustifiée ? Personnellement, je crois que non et je m’explique.

Si nos élus avaient reçu une augmentation assujettie au coût de la vie annuellement lors des mandats de l’administration précédente, ils n’auraient certainement pas osé se voter un 10 000 $ d’augmentation rétroactif, et l’augmentation aurait eu lieu de manière progressive, ce qui, à mon avis, aurait été accepté plus facilement par la population. Beaucoup de personnes crient au scandale parce qu’ils croient exagérée la dernière augmentation !

Considérant qu’être conseiller est un travail souvent à temps plein, qui demande 35 à 40 heures par semaine, 50 semaines par année, pour un grand total de 2000 heures par année, 30 000 dollars annuellement, pour 2000 heures de travail, cela représente quelque chose comme 15 dollars l’heure avant impôt. Personnellement, je ne voudrais pas travailler autant d’heures et avoir toutes ces responsabilités pour 15 $ l’heure avant impôt... Pour ces raisons, j’estime l’augmentation un peu grosse, mais quand même acceptable.

Camille Lalancette

Chicoutimi