L’amphithéâtre

OPINION / Comme on le dit au hockey, Joan Simard vient de compter dans son propre filet. Elle nous propose l’amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières comme source d’inspiration pour le projet d’amphithéâtre multifonctionnel de Saguenay, projet qui pour l’essentiel comprendrait une patinoire où se produiraient les Saguenéens, et qui se transformerait en grande salle de spectacle.

Or, Mme Simard devrait savoir qu’à Trois-Rivières, on achève de construire un aréna tout neuf, le Colisée de Trois-Rivières, au coût de 55 millions $ près du pont Laviolette. Donc en périphérie du centre-ville, mais dans l’axe des autoroutes 40 et 55.

Nous sommes bien loin du projet saguenéen proposé par le groupe de Mme Simard.

Pour la transparence de mon intervention, je souligne que j’ai participé à un projet culturel présenté par un groupe de citoyens lors des consultations menées il y a quelques mois par la Ville. Notre projet proposait justement un amphithéâtre culturel multifonctionnel qui, certes, présenterait des spectacles dans une salle de plusieurs centaines de places, mais offrirait aussi, surtout peut-être, aux artistes et aux travailleurs culturels locaux des bureaux, des salles de répétition et de laboratoire disciplinaire, un amphithéâtre plus modeste accessible aux artistes d’ici, etc.

En somme, toutes les facilités et les opportunités que le Théâtre Banque Nationale ne peut leur offrir. Le débat reste à faire...

Laval Gagnon

Chicoutimi

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QUELLE CHRONIQUE!

En référence à la chronique de Sébastien Lévesque, La révolution inachevée, publiée lundi dans Le Quotidien.

C’est comme un livre d’Histoire du Canada et du Québec dans un court texte de quelques paragraphes. Vous avez résumé l’essence même de 150 ans de malentendus et d’incompréhension et du phénomène de malaise qui en ressort une fois qu’on réalise que personne ne fait quoi que ce soit pour en sortir.

Tout simplement: chapeau!

Pour ma part, j’ai la certitude que je ne verrai pas la résolution de cette crise constitutionnelle larvée de mon vivant. Quant aux générations qui vont nous succéder, j’imagine encore que bien des choses pourront se produire qui viendront finalement à bout de cet équilibre précaire qui s’est installé en raison d’un improbable concours de circonstances historiques. Un peu comme si le Canada et le Québec naviguaient à la même vitesse que l’ouragan, se disant que tout va bien, alors qu’ils ont seulement la chance inouïe d’être dans l’oeil de celui-ci!

André Verville

Lévis

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SANS ATTENDRE GODO

Le chroniqueur Sébastien Lévesque a posé deux questions dans Le Quotidien de lundi en rapport avec le trentième anniversaire du désaccord du lac Meech.

La fierté des Québécois est-elle morte avec l’avortement de Meech? Sûrement pas. À preuve, le référendum de 1995, moment où le Québec est venu à deux cheveux d’en finir avec ce simulacre d’un pays aux deux peuples fondateurs. N’eût été l’argent du fédéral, les démonstrations d’amour et de solidarité des anglophones à notre égard et, faut le dire, du trop faible taux des francophones de souche ayant voté oui, nous serions aujourd’hui quelque chose comme un peuple pourvu d’un territoire, d’une langue, d’une culture. Trois fondamentaux qui doivent être fusionnés pour qu’un peuple se proclame souverain. C’était, en premier lieu, la job des francophones de souche très majoritaires de tirer un trait. Mais...

À la seconde question, la nation québécoise est-elle condamnée à l’incomplétude? Avec Meech, elle l’aurait été; du moins, son affirmation nationale, sa souveraineté. Meech, je l’ai considéré comme un pis-aller, comme une bonne proportion de souverainistes fatigués, écoeurés, qui voulaient passer à autre chose. «Un tien vaut mieux que deux tu l’auras», que je me disais.

Si comme l’a dit Jacques Parizeau, le Non de 95 a laissé le Parti québécois comme un champ de ruines, de ses cendres a fleuri à nouveau la fleur de lys. Devant un parti souverainiste qui n’allait nulle part, sauf la recherche du pouvoir, les forces souverainistes se sont recadrées autour du parti éphémère, Option Québec, qui a fini par rejoindre la gauche solidaire souverainiste plus large en Québec solidaire.

Si la complétude de la nation québécoise doit se réaliser un jour, elle passera par une patiente et bien préparée conquête du pouvoir par une nouvelle force souverainiste et une mise en place de moyens différents de ceux du passé, pour que le Québec devienne indépendant.

Meech, c’était la souplesse dans la nomination des grands juges; les vétos avec compensation; le contrôle sur l’immigration; la reconnaissance de la société distincte. Le plat de lentilles, quoi? L’absence du Québec dans la Constitution canadienne: exclusion ou exclusivité? Avec Meech, le Québec aurait rejoint le concert, mais sans espoir de souveraineté, la vraie, un jour.

Je ne sais pas pour vous, mais depuis près de 40 ans que le Québec a été présumément tassé par Trudeau père, je n’ai rien senti de différent d’avec avant. Et les largesses du fédéral envers le Québec durant la pandémie me démontrent bien que le Québec peut faire encore un bout de chemin avec Ottawa, tout en conservant le contrôle sur sa destinée.

Marcel Lapointe

Jonquière