L’amiante dans cette campagne

OPINION / Dans la présente campagne électorale, l’Association des victimes de l’amiante du Québec (AVAQ) exhorte les partis politiques à préciser leurs intentions au regard de l’amiante. Ce matériau, couramment utilisé en construction jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix, est omniprésent dans les bâtiments résidentiels, commerciaux et industriels et le sera encore pour plusieurs décennies. L’amiante continue à faire des victimes autant parmi les travailleurs que parmi la population en général. L’AVAQ demande aux partis de prendre position sur ce problème majeur de santé publique.

En matière de prévention, nous déplorons plusieurs lacunes qui, encore en 2018, ont pour effet d’exposer la population à ce contaminant, autant au travail que dans la vie de tous les jours. Rappelons que les maladies causées par l’amiante tuent plus de travailleurs et de travailleuses que les accidents du travail, et qu’en 2016, sur 137 décès par maladie professionnelle au Québec, 121 ont été causés par l’amiante, comparativement à 80 décès par accident de travail. Les travailleuses et les travailleurs de la construction sont particulièrement susceptibles d’être exposés à ce contaminant mortel faute de registre complet des endroits où on a inséré de l’amiante.

La norme d’exposition à l’amiante actuellement en vigueur au Québec est 10 fois plus élevée que celle qui a cours aux États-Unis et au Canada, et 100 fois plus que celles qui ont été adoptées par des pays européens comme la France et la Suisse. Ceci est carrément inacceptable et doit changer, surtout quand nous savons que les scientifiques n’ont pas encore identifié un seuil sécuritaire d’exposition à l’amiante pour des maladies telles que le mésothéliome (cancer de l’enveloppe du poumon). Rappelons que l’amiante, c’est comme la loterie. Plus on achète des billets, meilleures sont les « chances » d’obtenir le « gros lot ». Plus on respire de fibres, plus on a de chances de développer une maladie due à l’amiante. Les normes d’exposition, tant dans l’environnement que dans les milieux de travail, doivent donc être abaissées le plus possible, à l’image, par exemple, des normes françaises, suisses ou néerlandaises.

La reconnaissance des maladies professionnelles associées à l’amiante fait l’objet de contestations indues par des employeurs du Québec. Le régime de compensation les y incite et certains employeurs engagent même des médecins spécialistes qui livrent des témoignages allant à l’encontre des connaissances scientifiques bien établies par l’Organisation mondiale de la santé ou par d’autres organismes internationaux tout aussi crédibles. L’AVAQ demande que les partis politiques prennent des engagements formels pour mettre fin à la judiciarisation outrancière des dossiers de victimes de l’amiante.

Nous déplorons enfin l’absence de mécanisme pour indemniser les victimes de l’amiante dont l’exposition n’est pas d’origine professionnelle. Contrairement à la France, le Québec et le Canada n’ont pas de politique d’indemnisation des victimes environnementales ou extra-professionnelles. Pensons seulement à un individu qui a été exposé dans sa famille aux fibres d’amiante apportées sur ses vêtements de travail par un parent. Pensons aussi à une personne qui a résidé à proximité d’une mine ou d’une usine de transformation de l’amiante qui laissait échapper de la poussière dans son voisinage.

Les représentants de l’AVAQ sont disponibles pour rencontrer les chefs de partis et les candidats de tous les partis préoccupés par la prévention des maladies de l’amiante. Nous aimerions vraiment aider les différents partis à adopter une politique claire sur cette question.

Gilles Mercier

Micheline Marier

Association des victimes de l’amiante du Québec (AVAQ)

+

UN QUÉBEC COOPÉRATIF

Les entreprises coopératives et les mutuelles souhaitent sensibiliser les prochains élus à l’importance de continuer de bâtir un Québec à notre image, selon nos valeurs et nos convictions, fort de sa population, de ses spécificités régionales, de son leadership humain, de son savoir-faire et de sa diversité. Environ 3000 coopératives et mutuelles représentent plus de 116 000 emplois, génèrent un chiffre d’affaires de 42 G$ et possèdent des actifs de 352 G$.

Nous sommes convaincus que pour donner pleinement les capacités à ces entreprises de se réaliser, nous devons aller plus loin. Le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité propose la création d’un Secrétariat aux affaires coopératives, mutualistes et d’économie sociale. Ainsi, le développement de ces entreprises en serait facilité ainsi que des partenariats avantageux.

Cet engagement se traduit entre autres par la croissance et le développement d’entreprises ancrées dans les communautés, qui offrent des emplois durables, qui sont non-délocalisables, transparentes, démocratiques et ouvertes.

Les enjeux tels que les inégalités sociales grandissantes, le réchauffement climatique, les avancées technologiques importantes, le vieillissement de la population ou encore la sécurité alimentaire nous le confirment. Le Québec doit encourager les innovations et les initiatives locales qui se traduisent souvent par la création d’entreprises coopératives ou mutuelles, entreprises dites d’économie sociale.

Ce serait un geste concret pour appuyer les collectivités dans leurs ambitions de développement créateur de richesse. Ce serait également une façon pour le prochain gouvernement d’affirmer son leadership en matière de développement durable et d’appui aux initiatives citoyennes porteuses par lesquelles les Québécoises et les Québécois se réappropriaient leur économie.

C’est en travaillant ensemble que nous pourrons réaliser de grands projets sociétaux collectifs !

Gaston Bédard

Président-directeur général

Conseil québécois de la coopération et de la mutualité